Voir livre 11. eliap. iv
archers1, tandis que les Numides et les Maures ne combattaient guère qu'avec des javelots2.
Parmi les survivances de cette industrie dans l'Afrique du Nord, nous pouvons indiquer des instruments en pierre dure polie, identiques aux haches du néolithique berbère, qui servirent dans des carrières et dans des mines3, soit qu'on fit usage d'objets fabriqués longtemps auparavant, soit qu'on en fabriquât sous la domination romaine. Dans les montagnes du Sud oranais et dans le Sahara, des poinçons en pierre tracèrent les gravures dites libyco-berbères\ à une époque où l'emploi des dromadaires était général, c'est-à-dire plusieurs siècles après l'ère chrétienne. En Tunisie, on dépique encore les céréales avec des éclats de silex, enfoncés dans la face inférieure d'une table de bois, que tirent des animaux5; ce traîneau, décrit par Varron c, devait être déjà connu des Africains dans l'antiquité7. Remarquons enfin qu'on retrouve en Berbérie une superstition répandue dans bien d'autres
1. Périple de Scylax, 112 [Geogr.gr. min., I, p. 94) : les Éthiopiens voisins de l'Ile de Cerné (au del^ du Maroc) sont armés de javelots et d'ares. Straboh, XVII, 3. 7 : les Pharusiens et les Nigrètes (dans le Sud du Maroc) sonl archers, connue les Éthiopiens, Festus Aviénus, Dcscriptio orbis terrae, 324-3 : (Garamas) « arundinis usu nobilis ». Silms Italiens, XV, 081 (il s'agit d'un chef que le poète fait venir de l'oasis d'Ammon).
2. M. Gautier (Sahara algérien, p. 138) est disposé a attribuer a des nègres l'industrie néolithique du Sahara.
■t. Près d'Orléansville, dans une carrière de pierre calcaire, hache en roche noire, qui était encore engagée dans le banc ex|ilnile : Galland, Bévue africaine, XIV, IS70, p. 302-4; Pélagaud, la Préhistoire en Algérie, p. lti-17. A Khenchela, hache en roche verte dans le (lion dune mine: Pélagaud, l. c, p. is. Coin en roche verte, dans les mines du djebel Serdj : Gauckler, Hall, archéologique du Comité, 1902, p. cxvni; Catalogue du musée Alaoui, Supplément, p. 364, n° 289.
i. Gautier, Sahara algérien, p. 133.
5. Ilamv, .\ssoe. française, Pans. 1900, 1, p. 63 cl (1g. 8. Pli. Tli as, Essai d'une
description géologique de la Tunisie, 1. p. 79. Cette table ô dépiquer se retrouve <tans d'autres pays: Hamy, /. •■., p. 64; de Morlillet, Revue d'anthropologie, XXI, 1911, p. 01.
i.. liust., I, 52 (tribulum).
7. Conf. probablement Servius, à Virgile. Giorgiques, 1. 104 : » Tribula, genus vehiculi muni parte dentatum mule teruntur rrumenta, quo maxime in Africa utcbantur, »
pays1 : les haches polies passent pour des pierres tombées du ciel avec la foudre et sont conservées comme amulettes2.
1. En Afrique, il;i n> la région du Niger : Desplagnes, le Plateau rentrai nigérien, p. 13
2. Haches polies dans des marabouts de l'Oranie : Bleicher, dan- Matériaux pour l'histoire primitive de l'homme, XI, 1875, p. 201-2 el flg. 85-86 (conf. Cartailhac, V Ige de pierre dans les souvenirs et les superstitions populaires, Paris, 1878, p. 89 et flg. 59-60); Pallary, Assoc. française, Besançon, 1803, II, p. 688 (Saint-Hippolyte); Doumergue, Hall. d'Oran, 1010. p. 420. — Ce fut peut-être pour cette raison que trois haches polies, en silex, lurent déposées sous une dalle de pierre, dans l'enceinte qui entourait un dolmen des Béni Snassen (Nord-Est du Maroc) : Vélain, Revue d'ethnographie, IV, ISS'i, p. 310-4 ; que d'autres furent placées dans des dolmens de Guyotville (près d'Alger) et de Djelfa : Bull, de la Société algérienne de climatologie, VI. IS0O, p. 70 (si ees indications sont exactes, ce dont je doute).