‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 167 sur 404 · Voir p · texte numérisé non relu

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liaires. Le chien n'apparaît que dans quelques grottes à mobilier néolithique1; il s'agit sans doute d'un animal domestiqué hors de la Kerbérie et qui n'y fut introduit qu'assez tard. A l'époque des stations néolithiques berbères en plein air, il était le compagnon de chasse de l'homme, comme l'attestent les gravures rupestres de Tyout3. Les chiens qui y sont figurés ont des oreilles droites : peut-être appartenaient-ils à une race descendant du chacal, auquel se rattache probablement celle qui est aujourd'hui la plus répandue dans l'Afrique septentrionale et qui sert du reste à la garde', non à la chasse4. Une autre image rupestre du Sud oranais semble représenter un chien apparenté aux slouguis actuels (lévriers), race originaire du Nord-Est de l'Afrique'1.

Les primitifs se nourrissaient aussi de mollusques marins et terrestres7. Il est vraisemblable, bien que les documents

1. M. Pallary ne le signale que dans les couches les plus récentes des grottes d'Oran : Assoc. française, Caen, IS'.it, 11, p. 741. — A la grotte du Grand-Rocher, près d'Alger, on a recueilli de nombreux ossements de chiens : Pomel, Carnassiers, p. 30, 32, 34, 35, pi. XI-XIV. Mais appartenaient-ils bien à la couche néoli Inique? Flamand [Assoc. française, Ajaccio, 1901, 11. p. 730) indique aussi le chien dans une grotte de Mustapha-Supérieur, à Alger. Il aurail été égalemenl retrouvé dan- li grotte des Bains-Romains, près d'Alger : Ficheur el Brives, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, C.VXX. 1900, p. i486. Mais, si cette détermination est exacte, il me parait difficile d'admettre que les ossements de canidés découverts en ce lieu l'aient été dans la même couche que les restes d'hippopotames el de rhinocéros.

2. Pomel, Singe el homme, pi. 11. flg. 2 el 3. — Il y a peut-être aussi des images de chiens a Ksar el Vhmar (Pomel, Bubalus antiquus, pi. X, li^'. II. a Tazina (Flamand, />''<'/. de la Société d'anthropologie de Lyon, XX, 1901, p. 195, flg. m ri a txuebar Rectum, dans le Sud oranais; a Khanguet el lladjar, près de Guelma; a I' d [tel, au Sud-Ouest de l'.iskra (Rec. de Constantine, WXVII1. 1904, planches a la p. liiT. - pierre u" I ». •• pierre n" 3 •). Un chien paraît être représenté auprès d'un homme sur uni' gravure de'la région de Constantine : Bosco el Solignac, Rec. de Constantine, \\.\. 1911, pi. II. a la p. 336.

3. Nons -avons par Valèrc-Maximi' (IX. Kl. e.rl., 'J) que Masimssa se faisait garder par des chiens. Élien prétend, d'autre pari, que \<< Libyens nomades n'avalrnl pas de chiens (Nat. anim., VI, 10).

4. Dans l'antiquité, des chiens africains furent même dressés a la guerre. Pline I Vncien, VIII, 142 : ■ Garamantum regem canes ce ah exilio reduxere, proelinti contra resistentes. ■

.'i. A Moghar ri Tathani (dessin de M. Flamand).

ii. Voir C. Keller, Nalurgeschichte der Haustiere, p. 79, '.M. 93.

7. Voir p. 1^7. t nu. m?. — Ils nui [m encore se nourrir d'insectes el de reptiles,

archéologiques ne nous apprennent rien à ce sujet, que leur alimentation se composait encore de végétaux : fruits, glands, racines, herbes, plantes. Ces moyens de subsistance se sont perpétués dans certaines régions jusqu'en pleine époque historique1, combinés avec des ressources nouvelles.

Nous sommes très insuffisamment renseignés sur les débuts de l'élevage en Berbérie. Les ossements, encore peu nombreux, qu'on a recueillis dans les stations néolithiques, n'ont pas été étudiés avec autant de soin que ceux des villages lacustres de l'Europe centrale; les gravures rupestres sont des documents bien misérables auprès des images si fidèles que nous ont laissées les artistes de l'Egypte, de la Chaldée, de la mer Egée; enfin les races actuelles, dont certaines peuvent exister dans le pays depuis fort longtemps, restent assez mal connues.

Les bœufs qui vivent aujourd'hui dans l'Afrique du Nord2 sont d'une taille peu élevée. Ils ont une tète petite ou moyenne, avec des cornes courtes et fines, un cou et des membres courts, un garrot épais, une poitrine ordinairement ample, un dos allongé et droit. La robe est le plus souvent rousse ou grise, la tète et les jambes sont fréquemment de couleur noire. Ces animaux sont vigoureux, agiles, nerveux et sobres. Quand ils se nourrissent bien, ils engraissent vite et leur viande est bonne; mais les vaches ne donnent qu'une quantité peu abondante de

comme 1rs mangeurs de sauterelles signalés dans l'antiquité et de nos jours (conf. p. 13.*i), connue les Ktliiopieus troglodytes du Sahara, qui, au dire d'Hérodote (IV, 183), vivaient de serpents et de lézards.

1. Pour les lïuits. voir Pomponius Mêla, I. il (« sucus bacarum »); Pausanias,

1, 33, ."i (raisins sauvages), du i.iil les Lotophages d'Ho re (Odyssée, IX, 84

et suiv.i. qui se nourrissaient des fruits du lotus, doux comme le miel. A tort ou

a raison, des ailleurs grecs identilierent le lolus du poète avec un arbuste qui paraît bien être le jujubier sauvage et donl le> baies, à l'époque historique, étaient cueillies par des indigènes de la région des Syrtes : Hérodote, IV, 177 i i 178; Périple de Scylax, 1 10 (Geogr. gr. min., I. p. X0 et 87); Strabon, XVII. 3, 17: conf. Théophraste, Hist. plantar., IV. '-i, 2. — Les Kabyles s'alimentent encore aujourd'hui avec des glands doux. — Numides mangeurs de racines : Strabon,

XVII, 3, 15; d'herbes : Appien, l.ih., Il cl lllli. De nos jouis, les indigènes

rechercl t les asperges el surtoul les cardons sauvages.

2. Je m- parle pas ici des importations européennes récentes.

lait1. On distingue plusieurs types, surtout ceux qui sont désignés sous les noms de race de Guelma et de race d'Oran -. Cependant il est probable qu'il s'agit seulement de variétés et que les bœufs de Berbérie sont tous apparentés étroitement3 : l'opinion la plus répandue les classe dans la race dite ibérique, qui se retrouve en Espagne, en Italie et dans les îles de la Méditerranée occidentale1.

On a recueilli dans les stations paléolithiques des ossements de divers bovidés, dont l'un, de forte taille, a été qualifié par l'omel de Bos opislhonomus, à cause de ses cornes recourbées en avant, mais parait être une variété du Bos primigenius5. Ce bœuf se rencontre aussi dans des grottes à mobilier néolithique6; rien ne prouve qu'il ait été alors domestiqué.

D'autres ossements, découverts dans des grottes néolithiques7, ont été attribués par Pomel à la race ibérique8.

Pomel veut aussi reconnaître cette race sur des gravures rupestres''. Mais la grossièreté des images impose une grande réserve. On peut néanmoins constater l'absence presque complète d'animaux pourvus de la bosse de graisse10 qui distingue

1. Voir Sanson, Traité de zootechnie, i° relit., IV. p. 112; Rivière ef Lecq, Manuel de l'agriculteur algérien, p. 913 et suiv.; Bonnefoy, Algérie, Espèce bovine (Alger, 1900), |). 13-19.

2. Cette dernière devrait être appelée race marocaine. Elle se rencontre principalement dans le .Maroc, occidental.

3. M. Bonnefoy (l. c, p. 7 et suiv.) le conteste. Il croit la race de Guelma d'origine asiatique, la race marocaine autochtone.

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