‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 176 sur 404 · Equus taeniopus (Nubie el pays des S alis · texte numérisé non relu

Equus taeniopus (Nubie el pays des S alis

1, Conf. lieller, /. <■.. p. 217.

5. Inès du chef îles Lebou : de Rougé, '. c; Chabas, Études, p. 190. Inès des Mashaouasha . ' lhabas, p. 244.

0. Sanson, Traité de :'><ti<<hni<-, V édit., III, p. 149 el suiv.

lure mince, une crinière très courte, un dos court et tranchant, une poitrine étroite; la robe est le plus souvent grise, comme colle des onagres de Nubie. Ils vivent vieux et montrent des qualités remarquables de docilité, de sobriété, d'endurance et d'agilité '.

Indépendamment des importations récentes *, il y a en Berbérie deux types de chevaux, le barbe et l'arabe.

Le cheval barbe3 a une tête assez forte, un front bombé, des arcades orbitaircs peu saillantes, un chanfrein busqué, des joues fortes, des lèvres minces, une bouche petite, des oreilles minces et droites, une encolure arrondie et large, à crinière bien fournie, un garrot élevé, un dos et des lombes courts, uiïe croupe courte et tranchante, une queue touffue, attachée bas, des membres forts, mais souvent assez mal plantés4. La taille est peu élevée (1 m. 50 en moyenne). La robe est de couleur variable; le gris domine. L'aspect général est lourd, sans élégance. Mais cet animal possède de grandes qualités : docilité,

1. Sanson, (. c, p. 145-6; conf. Rivière cl Leeq, Manuel de V agriculteur algérien p. 1005.

2. Sanson ((. c, p. 81) indique en lierbérie un certain nombre de chevaux qui seraienl de race prrinanique. A supposer que le fail -"il exact, l'époque de l'introduction de ces animaux rôle 1res incertaine, car rien ne prouve qu'ils aient

été amenés par les Vandales, ni surtout, i ime le croit Piètrement (les Chevaux

dans les temps préhistoriques et historiques, p. 734), par « les blonds constructeurs des dolmens des États barbaresques ».

■i. J'indique ses principales caractéristiques surtout d'après Sanson, /■ '..p. 62. Voir aussi Aureggio, les Chevaux du Nord de VAfriqtie (Alger, 1893), p. 82.

4. Sanson ((, c, p. .'i2-'i:j, 63) a observé que des barbes n'ont, comme les ânes, que cinq vertèbres lombaires, au lieu de mx. Il a constaté aussi (p. 141-2), chez quelques barbes, connue chez les ânes, l'ab.-em-i' de cliàiaif-'nes aux membres posté) ieurs. La race, à l'étal pur, offrait, croit-il, ces deux caractères, que la plupari des chevaux africains auraient perdu- par suite de croisements. La raie li.-i ri •>■ serait donc apparentée à l'âne. J'ajouterai, d'après nue indication de M. Neuville, qu'elle sérail aussi apparentée au zèbre, qui, lui aussi, possède seulement cinq vertèbres I Luire- et n'a de châtaignes qu'aux membres antérieurs. Mais d'autres savants mil montré que les deux particularités indiquées ne sont pas propre- à la race africaine. M. Cossarl Ewarl (cité par Boule, les Chevaux fossiles des grottes de Grimaldi, p. S, dans Annales de paléontologie, Y, 1910) en l'ail des caractère- typiques de sou Equus caballus celticus. Certains prétendent

mêi [u'il s'agil simplemenl d'anomalies individuelles pour [es vertèbres,

voir \ureggio, (. c, p. 64-65, 471-2.

vitesse, vigueur, résistance aux privations et aux fatigues. Les barbes, dont le type pur est devenu rare par suite de croisements multipliés avec les arabes, sont apparentés à des chevaux qui ont existé ou existent encore dans le Nord-Est de l'Afrique1.

Le cheval dit arabe a le front plat et large, les arcades orbitaires saillantes, le chanfrein droit ou légèrement concave, les joues plates, les narines plus larges que celles du barbe, les oreilles plus petites, la crinière moins abondante, mais plus fine. Les formes du corps sont sveltes, souples, d'une élégance et d'une harmonie qui n'exclut pas la vigueur. Cette race, dont les exemplaires les plus beaux sont en Syrie, se retrouve aujourd'hui dans tous les pays musulmans. C'est elle qui a donné naissance aux pur-sang anglais, par des individus exportés, au xvn" et au xvine siècle, soit de Turquie, soit des Ltats barbaresques. 11 n'est pas vraisemblable qu'elle soit originaire d'Arabie. Jusqu'aux environs de notre ère, les Arabes montaient des chameaux2; plus tard, ils eurent des chevaux, qui durent venir surtout de Syrie3 et qui restèrent en petit nombre jusqu'aux conquêtes de l'Islam*.

En Berbérie, la diffusion de la race arabe, ou plutôt syrienne, ne parait pas dater de bien loin. On croit d'ordinaire, mais sans preuves, qu'elle n'a été introduite que par les musulmans, à partir du vnc siècle. En tout cas, la plupart des monuments

1. C'est la race de Dongola. — La race barbe a été introduite en Espagne (Sanson, '. <\, p. ">7), peut-être dès l'antiquité.

2. Conf. 1 1 <■ li ii . Kuliurpflanzen und Hausthiere, p. 28-29 de la iï édil

3. Il y cul aussi des importations de la cote orientale d'Afrique. Ce sont les

chevaux de Berbera el i 1'- Berbérie], dont il est question dans Amro'lka'is,

au vï siècle : voir de Slane, Diwan d'Amro'lkaïs, p. 92. IN devaient être de la race de Dongola, apparentée a la raie barbe. Mais ce ne sérail pas une raison pour soutenir que les chevaux qu'on appelle aujourd'hui arabes, el qu'il vaudrait mieux appeler syriens, soient simplement des descendants de chevaux africains. Il- uni. nous l'avons indiqué, des caractères différents.

4. Voir llalm. dir Haastiere, p. 199. Il ne faut ce] dont pas affirmer que les

krabes n'aient eu de bons chevaux qu'après la conquête de l'Afrique du Nord (contra : Hehn. /. c, p. 29-30). On sait combien l'éloge du cheval est fréquent da ns la [ -ic antéislamique.

antiques qui représentent des chevaux de l'Afrique du Nord et les textes anciens qui les concernent semblent se rapporter à la race barbe1. Depuis quand occupe-t-elle cette contrée?

Dans les stations paléolithiques, les seuls équidés dont les ossements puissent être déterminés avec certitude sont des zèbres5. Nous n'avons aucune preuve que le cheval ait existé alors en Berbérie. Il est également absent ou très douteux dans les stations néolithiques les plus anciennes. Il ne se trouve que dans les couches supérieures des grottes3. Il apparaît, mais rarement, sur les gravures rupestres du Sud oranais, contemporaines de l'industrie néolithique berbère. Sur l'une d'elles1, un quadrupède, fort mal dessiné, mais qui ne peut être qu'un cheval, est « all'ublé, dit Pomel, d'une large ceinture, probablement en guise de selle" ». Une seconde image", non moins grossière, nous montre un autre cheval, portant une sorte de housse. Oa voit qu'il s'agit d'animaux domestiques. Un cheval, recouvert d'une grande housse et attaché à un tronc d'arbre, est aussi représenté sur un dessin du Sud du Maroc, qui semble bien, comme les précédents, appartenir à la série des gravures dites préhistoriques7.

Dans l'état actuel de nos connaissances, nous pouvons donc admettre que le cheval était étranger à la faune de l'Afrique septentrionale et qu'il a été introduit par l'homme à une époque assez récente.

Aux épaules, aux genoux, aux jarrets de quelques-uns dis

1. Noua reviendrons sur cette question. Voir Tissot, Géographie, I. p. m.Vi el suiv.: Bernard, Bail, archéologique du Comité, [906, p. 1 etsuiv.,en particulier p. H5.

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