Conf. Rcinach, Cultes, mythes et religions, I. p
3. IVat. imiin., I. .'i7. Conf. ibid., XVI, -~i. où Élien cite Vgatharchide. Voir aussi Pline, VII, 11-. \ ;i îr. m. apud Priscien, Instit., \. 32, dans Keil, Grammatici latini, II, p. :i2i; Lucain, IX, 89*8-908 ; Silms Italicus, 1,413; Dion r.a>smN u, li. Varron ri Lucain disenl que les serpents qui servaient à l'épreuve étaienl «1rs aspics.
4. On pourrait se demander si le nom des Psylles n'avail pas quelque rapporl
ayee celui des serpents auxquels ils étaient alliés. Ce n aurait été une ono-
malo] , imitant le sifflement des reptiles.
insensibles à leurs morsures. Au dire des Libyens, quand un Psylle craignait que l'enfant mis au jour par sa femme ne fût adultérin, il remplissait de cérastes un coffre, dans lequel il jetait le nouveau-né. Si les serpents, d'abord menaçants, s'apaisaient dès que l'enfant les avait touchés, l'auteur de l'épreuve en concluait que cet enfant était bien son fils.
Une forme de la zoolâtrie, dont les rapports avec le totémisme restent fort obscurs1, a consisté dans l'adoration d'un animal appartenant à une espèce déterminée et choisi d'après certaines marques : on croyait qu'une divinité s'incarnait en lui. L'Egypte ancienne était pleine de ces dieux animaux, qui se retrouvent en Berbérie. Tels devaient être le taureau des Laguatan dont parle Corippus et le bélier des montagnards marocains que signale El Bekri. Il faut en dire autant drs béliers représentés sur les rochers du Sud oranais avec des insignes spéciaux, qui prouvent qu'on les distinguait nettement du menu peuple de leurs congénères. Nous allons voir que ces animaux sacrés devaient être considérés comme les incarnations d'un grand dieu.
D'autres gravures rupestres nous montrent des images où la forme humaine est associée à une forme animale. Dans le Sud oranais, à Er Hicha, c'est un homme assis, à oreilles de lièvre, tenant de la main droite un bâton (?) recourbé-; sur des gravures que Barth3 a vues à Telliz Zarhène (dans le Sahara, région de (ihat), ce sont deux personnages debout, se faisant vis-à-vis* : l'un a une tête de bœuf ou d'antilope et est pourvu d'une queue; il tient un arc et des flèches; la tête de l'autre offre, selon Barth, une vague ressemblance avec celle de l'ibis5;
1. si l'on veut admettre des rapports : hypothèse 1res contestable.
2. Delmas, Bull, de la Société dauphinoise d'ethnologie et d'anthropologie, IX, 1902, p. 140, flg. iv. Dessin qui m'a été c unique par M. Flamand.
3. Beisen imtl Entdeckungen, I. p. 2 Hl-2. flg. a la p. 21(1. i. Entre eux esl un bœuf.
:>. Cette ressemblance m' ni.' frappe nullement sur le dessin inséré dans l'ouvrage de Barth el que celui-ci qualifie du reste d'esquisse imparfaite.
il tient soit un arc, soit plutôt un bouclier ovale1. Des monstres, auxquels la superstition attribuait une existence réelle, ont été adorés par divers peuples de l'antiquité, en particulier par les Babyloniens. En Egypte, le mélange des formes humaine et animale fut une sorte de compromis entre la zoolà trie et l'anthropomorphisme. Mais il faut probablement admettre ici une autre interprétation. Les personnages figurés peuvent être simplement des hommes, qui se revêtaient de masques dans des cérémonies. De tels déguisements sont fréquents chez les peuples de civilisation primitive; par ce signe matériel, on s'identifie soit avec les animaux divins, soit, lorsqu'il s'agit d'une espèce totem, avec ceux qui sont apparentés au clan J.
Quant aux personnages que les gravures représentent sous des traits complètement humains et dans des postures diverses, rien ne nous autorise à les considérer comme des divinités.
Hérodote dit que tous les Libyens offrent des sacrifices au soleil et à la lune; que c'est au soleil et à la lune seuls qu'ils sacrifient3. On ne doit pas invoquer, à l'appui de celte assertion.
1. O» peut rapprocher de ces images une peinture beaucoup plus récente, tracée dans un.' jj-rnile arlilieielle de Tunisie (près de Grotnbalia); elle représente deux personnages a tête de cerf : Deyrolle, Bull, de la Société archéologique de Soasse, 1. 1903, p. 60-61, fig. 3 et 0.
2. Voir par exemple, pour l'Afrique centrale, Desplagnes, le Plateau central nigérien, p. 308. D'uni' manière générale : Cartailhac et Breuil, la Caverne d'Altdmira, p. 164 el suiv., 197, 242; Curoont, les Mystères de Mithra, 2" édit., p. 2:1 ei 127-8. Ces mascarades paraissent avoir été usitées en Espagne el dans le Sud de ii l ra née des l'époque quaternaire : Cartailhac el Breuil, '. c, p. 56-38, flg. 41 13; Déchelette, Manuel d'archéologie préhistorique, I, p. 22:M el 237; Ucadc del Rio, Breuil el Sierra, !«s Cavernes de lu région cantabrique, p. !IS, flg. 96 et pi. LV. Il convient d'observer qu'elles n'uni pas toujours un caractère sacré : dans certains cas, ce snni des déguisements de chasse.
:t. IV, 188. H faitexceplion pour ceux des bords du lac Tritonis (au Sud de la Tunisie), qui sacriflaienl aussi a Alliena. à Triton el à Poséidon. — Il indique d'autre part (IV, 184) que les \ tarantes, qui vivaienl en plein désert, à l'Ouest 'U'> Garamantes, maudissaient et injuriaient le soleil, dont les rayons trop bru la ni s desséchaient leur pays; mais .es a tarantes etaieni probablement des Éthiopiens, non des Libyens. Conf. Nicolas de Hamas, ira^-meul I lu, apud Millier, l'raijm. hisloric. graec., III. p. 463. Pomponius Mêla (I, 43) el Pline (V, 43) attribuent cela aux Allantes, par suite d'une altération des manuscrits d'Hérodote, el ils disent que
ees indigènes maudissent le soleil à son cnuelier, aussi bien qu'à son lever.
les dédicaces latines à Sol et à Luna qui ont été découvertes en Afrique, ni les images des deux astres qui apparaissent sur des stèles, trouvées en général dans des lieux où les civilisations punique et romaine s'étaient fortement implantées; car il est probable ou certain que ces monuments se rapportent à «les croyances d'origine étrangère'. Il convient peut-être d'attacher plus d'importance à un passage d'Ibn Khaldoun, qui parle de Berbères païens, adorateurs du soleil et de la lune- : on peul supposer qu'il s'agit de cultes vraiment indigènes3. Notons aussi un texte de Macrobe*. Les Libyens, dit-il, représentent avec des cornes de bélier le dieu Ammon, qu'ils regardent comme le soleil couchant. Il est vrai que cet auteur retrouve le culte du soleil partout; son affirmation n'aurait guère de valeur, si elle n'était pas corroborée par d'autres témoignages5.
Diodore de Sicile (III, 9) et Strabon (XVII, 2, 3) indiquent que certains Éthiopiens maudissent le soleil, lorsqu'ils le voient se lever.
1. Quelques monuments d'un art très grossier pourraient témoigner de croyances vraiment indigènes. Nous citerons : 1 une gravure tracée sur un cocher, non loin de l'oasis de Kxiz, sur la rive septentrionale du chotl el Djerid (Tunisie méridionale) : elle représente une tète absolument sphérique, surmontée d'un croissant, par conséquent une image de la lune (Duveyrier, Sahara, Journal déroute, p. 86 el flg. à la p. 83; conf. Tissot, Géographierl, p. 479-480«tfig. 48); — 2° une pierre trouvée près de Bordj Ménaiel, dans l'Ouest de la Kabylie : on y voit aoe tête radiée, Ogurée d'une manière forl maladroite (Viré, Bec. de Constantine , XXXII, 1898, llg. 3, a la p. 48); — 3° une image rupestre existanl à l'Est de Constantine (Atlas archéologique de l'Algérie, f" 17, n° 144). qui offre aussi une tête radiée lil me parall impossible d'j voir une image de la lune, comme le croit Mercier, Bec. de Constantine, XXXIV, 1909, p. 191-2) ; u\n- inscription latine (C. I /... VIII, 5673 ;: 19107) lui donne le nom d'Ifru. ou peut-être d'/eru, appellation sans doute indigène, qu'on ne retrouve pas ailleurs. Mais le dernier de ces documents el probablement aussi les deux autres appartiennent à l'époque romaine (à Uriz, il y a il.', inscriptions votives latines sur uni' roche voisine de celle qui porte l'image de la lune). Ils ne prouvent pas grand'chose pour l'i \ lenee d'un culte lie- ancien du soleil el de la lune eu Berbérie.