‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 185 sur 404 · Histoire des Berbères, trad. de Slaae, I, p · texte numérisé non relu

Histoire des Berbères, trad. de Slaae, I, p

:i. Conf. Basset, Revue de ["histoire des religions, 1910, 1. p. 302 : ■ Les Guanches de Palmo (Canaries) vénéraienl le soleil et lui donnaient le nom de Magec, el ans-i d'Aman, .pu parall avoir signifié Seigneur. »

i. Saturn., I. 21, 1!) : » Ammonem, quem deum solem occidentem Libyes existimant, arietinis cornibus flngunt. ■

.'i. >.■ serait-il pas possible de rapprocher du nom d'Ammon celui d'Aman, donne par le- Guanches nu soleil (conf. n 3)?

Les deux principales divinités des Carthaginois furent Baal Hammon et Tanit Pené Baal ', qui semblent bien avoir été un dieu solaire et une déesse lunaire2, Baal Hammon se confondit avec l'Ammon des autochtones, dont nous allons parler, mais il n'est pas prouvé que ce Baal importé de Phénicie ne soit devenu un dieu solaire qu'après son introduction dans l'Afrique du Nord. Il est également impossible d'affirmer que Tanit l'ené Baal ait été transformée dans cette contrée en une déesse lunaire par suite de son identification avec une divinité indigène3. On pourrait même être tenté de se demander si le culte du soleil et de la lune, répandu chez les Libyens au temps d'Hérodote, vers le milieu du vc siècle, ne leur venait pas des Phéniciens. En ce qui concerne la lune, les documents nous manquent pour dissiper nos doutes.

Il n'en est pas de même pour le soleil : il y a de fortes raisons d'admettre que le culte de cet astre est antérieur, en Berbérie, au développement de la colonisation phénicienne.

Nous avons déjà fait allusion aux gravures rupestres du Sud oranais qui figurent des béliers dont la tète est coilTée d'un disque', maintenu par une jugulaire : on en connaît à Er liicha (dans l'annexe d'Aflou), à Bou Alem (dans la région de liéiyville). où il y en a deux, et au col de Zenaga (près de Figuig)'. Sur l'un des dessins de Bou Alem et à Zenaga, le disque est flanqué ou surmonté de deux appendices, qui repré-

1. Transcription conventionnelle d'une appellation phénicienne donl la signification reste douteuse.

2. Nous n'en avons pas de preuves péremptoires pour l'époque carthaginoise.

Mais, a l'époque romaine, ecla r-l rrrlain pour le lia.'il llniiiiiniii auquel on éri-

geail a Maktar des stèles portant des dédicaces en langue punique, comme pour la déesse Caelestis, qui doit être identifiée avec Tanil Pené Baal.

3. Remarquer que le nom de la lui si masculin dans les dialectes berbères

(Basset, /. t., p. 305) : ce qui pourrai I faire croire que, si les Libyens primitifs

onl adoré la lune, il- en onl fait un dieu, el non une déesse, comi lu reste la

pluparl des peuples de l'Orienl (Egypte, Irabie, Babylonie, Vsie Mineure).

S. i lu peut-être d'une sphère.

'.'<. Pour les références, voir à la p. 220.

sentent des serpents1. La signification de cet attribut est indiquée par un grand nombre de monuments égyptiens, où l'on voit le disque solaire, à droite et à gauche duquel se dresse un serpent naja. Nos gravures nous paraissent donc prouver que, dans le Sud-Ouest de l'Algérie, le culte du soleil s'associa à des superstitions zoolàtriques, dès une époque très ancienne, antérieure sans doute au premier millénaire avant J.-C.

Il n'est pas trop téméraire de donner le nom d'Ammon au bélier sacré que ces images nous font connaître. Elles s'accordent -avec le texte de Macrobe, indiqué plus haut, qui attribue au dieu libyen Ammon, à cornes de bélier, un caractère solaire : représenté d'abord sous une forme entièrement animale,' le dieu fut ensuite figuré en homme, tout en conservant de sa forme primitive soit la tête, soit seulement les cornes'2. Ce qui est plus important encore, c'est que nos gravures s'accordent avec nombre d'images égyptiennes d'Amon3 (appelé le plus souvent Amon-Kà, c'est-à-dire Amon-Soleil), où la tète du dieu bélier thébain est surmontée du disque solaire, flanqué de deux serpents (urseus) 4.

La puissance des Pharaons dont Thèbes fut la capitale, au cours du second millénaire, rehaussa le prestige de la divinité principale de cette ville et répandit son culte, même en dehors de l'Egypte. Ce fut certainement l'Amon de Thèbes qui eut des sanctuaires en Nubie. A l'( luest de la vallée du Nil, il fut adoré dans l'oasis de Syouah, appelée par les Grecs 'A|A[Awveiov. Les colons grecs de la Cyrénaïque le connurent et l'adoptèrent

1. L'un de ces serpents esl bien reconnaissable a Zenaga. A Bou Uem, on a imité très maladroitemenl des najas au cou gonflé.

2. Sans parler ici des images inspirées par l'art grec, mentionnons une idole

grossière a -nes de bélier, trouvée à Saint-Leu, sur le littoral de l'Oranie :

Doublet, Musée d'Alger, pi. IV. lig. 0.

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