‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 188 sur 404 · Gaulier, p. lis · texte numérisé non relu

Gaulier, p. lis

t. Gautier, p, 1 1 i. 115.

.'i. Il y en ,-i il.' plus récentes, qui recouvrent des ligures : voir, par exemple, Foureau, / c, p; 1095 el 1000.

0. Bull, de la Soc. d'anthropologie d< Paris, 1007, p. 143-4; esonf. Gaulier, Le., p. 113-6.

la même époque que des gravures libyco-berbères qu'elle accompagne1. Quant aux tifinagh, les indigènes d'aujourd'hui ne les comprennent plus. On peut d'ailleurs admettre que ces figures et ces inscriptions s'échelonnenl sur une période assez longue, que Les plus récentes datent seulement de quelques siècles .

11 était utile de parler brièvement des gravures libyco-berbères, d'abord pour montrer que les renseignements qu'elles nous apportent ne concernent en rien les Africains primitifs, ensuite parce qu'elles nous donnent un indice sur l'époque des autres gravures rupestres, de celles qui peuvent être appelées préhistoriques. En divers lieux3, elles recouvrent ces dernières, dont la patine très sombre est toute différente ' et auxquelles elles sont certainement bien postérieures. Il faut donc distinguer deux séries : l'une ancienne, caractérisée, comme nnus le verrons, par un tracé large et profond et par une faune qui a en partie disparu de l'Afrique septentrionale; l'autre, par le dessin en pointillé' ou en traits minces et par une faune qui existe encore dans le pays, surtout par le dromadaire. Du reste, il est probable qu'entre ces deux époques l'usage de graver des images rupestres ne s'est jamais complètement perdu : des recherches et des examens attentifs permettront sans doute de constituer une série intermédiaire '.

Les gravures préhistoriques sont assez raies dans les pays voisins de la Méditerranée6. Dans le département de (lonstan-

1. En général, les inscriptions arabes tracées auprès des ligures el inscripl s

libyco-berbères sonl plus récentes qu'elles.

2. Dans cette question de chronologie, M n'y a pas .' tenir compte tic la prétendue aversion des musulmans pouT les images d'êtres animés : conf. Flamand, Bail, de géographie historique, 1905, p. 294, n. 2.

:t. Voir Hamy, /. ... p. 132 el li. 87-88, aux p. 131 el 133; Bonnet, (. <•.. |>. 154, 157; Flamand, V Anthropologie, III. p. 153 el Qg. 2. ;ï I .- < p. loi: le même, Bull, de la Soc. d'anlhr. de Lyon, XX, p. 2ns.

1. Bonnet, '. <■.. p. 152. Flamand, /' Intlvopologie, III, p. 15 I. Gautier, /. <■.. p. st.

5. Conf. Gautier, p. 110-2 (Mouidir, Umel), 114-5 (Ahaggar), 120.

C. i'. e l'observe M. Chudeau (Sahara soudanais, p. 2x71. ces gravures nul pu

être détruites par les pluies dans les régions humides du Tell plus facilement que dans I'1- pays secs nu on les rencontre encore en abond:

tine, on en connaît au lieu dit Khanguet el Hadjar (au Sud- Ouest de Guelma'), et non loin de là, au Sud-Est, à Kef Messiouer2; il y en a aussi dans les régions d E 1 Haria et du Kroub (à l'Est et au Sud-Est de Constantine) :.

Elles abondent au contraire dans les montagnes de l'Atlas saharien, au Sud de la province d'Oran (djebel Amour et monts des Ksours) l : dans les régions d'Aflou 5, de Géryville", d'Ain Sefra7 et, plus au Sud-Ouest, prrs de Figuig8. On en retrouve au delà de cette ville, dans le Sahara, aux abords de l'oued Zousfana et de la haute Saoura'. Dans ces pays, elles onl été étudiées avec soin et distinguées des graffites libvco-berbères.

Il n'en a pas été de même des gravures sur roche du Sud du

1. Vigneral, Ruines romaines du cercle île Guelma. pi. IX et X (dessins qui ne sont pas très exacts . Gsell, Monuments, I, p. 47 (avec I ; ■ bibliographie).

2. Gsell, L c, p. 47-4S et Qg. I i : conf. liée, de Constantine, XXVII, 1892, pi. a la p. 98. A une cinquantaine de mètres de là, autres gravures (gazelles, autruches) : Atlas archéologique </ l'Algérie, r 18, n 255. — On signale encore, dans la région située entre Guelma <i Constantine, des - dessins libyques -, représentant deux chevaux, un bœuf a grandes cornes et peut-être un mouton : l:ull. archéologique du Comité, ISNiS, p. 105. S'agit-il de -ravines préhistoriques? Je ne les ai pas vues.

3. Bosco et Solignac, Ree. <l Constantine, XLV. 1911, p. 324, 333 et suiv., et plan. -lies (eonf. Laborde. ibid.. XXXV, 1901, p. 1112-3). — Les grossières ligures tracées a l'entrée de- uniite> de lion Zabaouine et de Dekblet Zitoune (voir plus haut, p. 256, n. 3) ne sonl peut-être pas de la même époque que les images de Khanguet el Hadjar et de Kef Messi r.

4. Les stations actuellement connues sont énumérées par Flamand, Bull, de la Soc. d'anthr. de Lyon. XX, p. ÎSX-'.I el 205.

5. Voir Delmas, Bull, de la Société dauphinoise d'ethnologie et d'anthropologie, IX. 1902, p. 130-147; Maumcné, Bull, archéologique du Comité, 1901, p. 301-5. Les principales stations sont- celles d'Aïn SflssUa, de Kef Meklouba el des enviions d'Er Hicha en particulier à Ennefous).

ii. Stations de Bou Vie isell, /. c, I. p. 46-47 et lig. 13), de Ksar el Vhmar,

prèé de Keragda {ibid., p. 45-46 el flg. 12), de Guebar Itechim [ibid., p, 16), de Ta/ma [ibid., p. 45 cd lig. Il), d'Aïn eil Douis, d'Asla, etc.

7. Djebel Mahisseral ibid., p, 15); Tyoul [ibid., p. 41-43 el flg. lu, ave,- la bibliographie); Moghar el Tathani [ibid., p. 43-44; ajouter a la bibliographie Jacquot, Revue de l'École d'anthropologie, XVI, 1906, p. 289-291).

s. El Hadj Mimoun (Hamy, Bévue d'ethnographie, I. 1882, p, 131-4, lig. 87 elSSi; Oued Dcrmel; col de Zenaga (Gautier, Sahara algérien, p. 87-93).

9. Barrebi, dans l'oasis de Taghil (Gautier, l. e.. p. 94-97); El Vouedj, plus au Sud-Ouesl (Barthélémy el Capitan, Bévue de l'École d'anthropologie, XII, 1902, p. 300 et lig. 108); Ain Memnouna, entre la Zousfana et le Guir (Gautier, p. 98-99); Uadjra Mektouba, mit la Saoura, entre Béni ibbès el Kerzaz (Gautier, p. 100-101).

Maroc, signalées dans le Sous, dans l'Anti-Atlas et au Sud de l'oued Draa1. Les indications données par quelques voyageurs ne peuvent donc être utilisées qu'avec réserve.

A la lisière septentrionale ilu Sahara constantinois, au Sud- Ouest de Biskra, dans un ravin voisin de l'oued Itel , il existe un groupe intéressant d'images, qui appartiennent à la série ancienne -.

Il y a aussi quelques gravures dites préhistoriques à l'intérieur même du grand désert'. Mais le nombre des dessins récents (avec figures de dromadaires) est infiniment plus élevé. D'autres appartiennent peut-être à une période intermédiaire4.

Ces images, tracées sur des grès (sauf de rares exceptions, où la roche est calcaire5), décorent presque toutes des parois

i. Duveyrier, d'après les estampages du rabbin Mardochée, Bull, de la Société de géographie, 1876, 11, p. 129-146 et planche. Douls, ibid., I.sss. p. 4.76. Lenz, Timbuktu, II, p. 11. Ces trois auteurs mentionnent l'éléphant parmi les animaux représentés; Duveyrier indique aussi le rhinocéros, Douls, l'hippopotame.

2. lîlanchet, Rec. de Constantine, XXXIII, 1890, p. 294-310 et planches. Gsell, l. c, p. 48-4'J. Voir aussi Rec. de Constantine, XXXVIII, 1904, planches a la p. 107.

3. Elles y semblent rares : Gautier, (. c, p. 120 et 133. 11 y en a peut-être à la para Bou Douma, dans le Tadmaït (Flamand, Bull, de géographie historique, 1905, p. 2'.lu et pi. X, n° 8), et à l'oued Taghit, dans l'Àhnet (Gautier, p. 104, 105). Gautier (p. 1I2-3i en signale à Timissao, dans le Tanezrouft; Foureau {Documents, p. 1071, flg. 380), dans le Tassili. — En Tripolitaine, a l'ouadi el Cheil, entre Mizda et Ghadàmès, Rohlfs (Quer dureh Afrika, I, p. 52) indique, sur les parois d'une caverne, des ligures grossières, représentant des éléphants, des chameaux, des antilopes, une femme : il y a la probablement des gravures préhistoriques et des grafflles libyco-berbères (Rohlfs note cependant l'absence de tiflnagh). — Pour les gravures de Telliz Zarhène, dans la région de <ili.il. voir lîarlb, Reisen und Entdeckungen, I, p. 210-7. Les personnages a tête d'animal (eonf. plus haut, |i. 247 1 et sans doute aussi des bœufs appartiennent à la série ancienne, mais il doit y avoir des gravures plus récentes; Barth signale en ce lieu de nombreux tiflnagh. — Nachtigal (Sahara und Sadan, 1, p. 307-9) a vu dans h1 Tibesti, sur des rochers du fleuve des Gazelles, îles gravures représentant surtout des bœufs, l'ne figure humaine, isolée, esl un guerrier tenant une lance et un bouclier, l'ne image de chameau, fort mal dessinée, a paru a Nachtigal plu- récente que les bœufs, f'eul-éire faut-il distinguer en effet deux séries d épo ques différentes ; mais la plus ancienne est-elle contemporaine de nos gravures préhistoriques? — Les gravures d'Anai (au Sud du Fezzan . qu'on ;i signalées a Duveyrier (Touareg du Nord, p. 221, 4.78), représenteraient dès bœufs a busse,

traînant des chariots, il esl probable qu'elles n'appartiennent pas a la série préhistorique.

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