‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 196 sur 404 · PRATIQUES FUNERAIRES · texte numérisé non relu

PRATIQUES FUNERAIRES

liti's qu'ils leur prêtaient1. Les petits tableaux de Tyout représentant des chasseurs ont pu garantir le succès des chasses véritables2. L'image du bélier Ammon rendait le dieu présent au milieu de ses adorateurs. En fixant sur le rocher certains rites que les dévots jugeaient propres à la réalisation de leurs souhaits, ils croyaient peut-être leur assurer une efficacité permanente. Sans doute, il est impossible d'expliquer d'une manière précise la signification de la plupart des gravures. Mais c'est du côté de la religion et de la magie qu'il faut diriger les hypothèses.

Nous terminerons ce chapitre par des indications, malheureusement trop brèves, sur des pratiques funéraires qui témoignent, sinon d'un culte des morts, pour employer un terme dont on a abusé, du moins de quelque souci des défunts.

On a recueilli des ossements humains dans presque toutes les grottes occupées aux derniers temps de la civilisation paléolithique3 et à l'époque néolithique4. On en a rencontré aussi

Qgurés par l'art quaternaire européen sont exclusivement ceux dont se nourrit un peuple de chasseurs et de pêcheurs. Je ne sais m cette explication est rigouivusi niciil vraie pourles gravures africaines. En tout cas, elle ne nous fait pas comprendre pourquoi l'on a représenté certaines scènes, telles qu'une famille de lions dévorant un sanglier, une panthère attaquant un jeune éléphant, un lion dévorant une gazelle (à Er Rieha : Delmas, /. c, p. 139, Ûg. m), un combat de buffles, un combal de chèvres (à Guebar Ueehim : Flamand, Bull, de la Sur. d'anthr. de Lyon, XX, p. 204, lig. vi).

1. On peut aussi se demander si certaines images d'animaux ne sont p.i^ des offrandes permanentes à des divinités.

2. Plusieurs archers de Tyout si m t reliés par «les ir.iits à d'autres personnages qui appartenaient peut-être à leur famille (voir p. 241, n. 2). Ceux-ci lèvenl les bras; prient-ils pour l'heureuse iss le la chasse de leur parent?

3. Pour les abris de Lalla Maxnia el de Redeyef, voir plus loin.

4. Par exemple, dans des grottes d'Oran (Pallary el Tommasini, Issociation française pour l'avancement des sciences, Marseille, 1891, II. p. 644), de Bougie (Debruge, ibid., Montauban, 1902, 11, p. 869-872; le même, Rcc. d> Constantine, \l., 1906, p. 143, 145, 146), de Khenchelo (Julien, Matériaux pour l'histoire primitive de l'homme, XIII. 1877, p. 46).

dans des stations en plein air'. Ils apparaissent souvent en grand désordre et brisés. Ce n'est pas, nous l'avons dit2, une preuve de cannibalisme : des squelettes ont pu être dispersés lorsque les troglodytes vidaient des cavernes encombrées. Du reste, ce désordre ne se constate pas partout. Çà et là, quelques dispositions permettent d'affirmer qu'on se trouve en présence de véritables sépultures.

Dans des abris voisins de Lalla Marnia (province d'Oran), gisaient parmi des cendres des squelettes, dont la tète était placée à l'Ouest et le corps incliné sur le côté droit; plusieurs d'entre eux avaient les jambes pliées. Une pierre plate protégeait la poitrine de chaque mort3; une autre avait été parfois placée sous le dos ou sous les reins. Toutes ces pierres, qui présentaient des traces de calcination, avaient appartenu à des foyers. La terre, mélangée de cendres, de débris de charbon et d'un grand nombre d'escargots, qui recouvrait les corps, semblait avoir été fortement tassée4. Ces ensevelissements datent de la fin de l'époque paléolithique, comme l'indiquent les objets trouvés à l'intérieur et en avant des grottes.

Un abri de Redeyef (Sud-Ouest de la Tunisie) contenait, entre autres ossements humains, huit squelettes d'enfants, rassemblés dans des positions diverses; deux d'entre eux étaient cachés sous des pierres plates. Les objets qui les entouraient se rapportaient à une industrie gétulienne assez récente".

1. Escargotières de la région de Tébessa (Debruge, Bec. de Constantine, XL1V, 1910, p. 67), de Châteaudun-du-Rummel (Mercier, ibid., XU. 1907, p. 177-9), d'Ain Mlila (Thomas, BulL de la Société des sciences physiques d'Alger, XIII. IS77, p I 9 [pagination particulière]). Stations néolithiques d'Ain el Bey (Thomas, ibid., p, 40-42), de Roseville (Pallary, dans l'Homme préhistorique, III. 1905, p. 30). Etc.

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