I. Hérodote, IV, 17."). 1SU. lui
-'. Conf. Meltzer, (. <-.. I, p. 95, i 12.» ci 156. :i. Voir plu* haut, p. 333.
bérie. Dans un grand nombre de noms et de mots africains, M. Bertholon a cru retrouver des noms et dos mots appartenant à des idiomes étroitement apparentés à la langue grecque : témoignages, selon ce savant, de plusieurs migrations venues des rivages égéêns dans le cours du second millénaire1. Mais les rapprochements de .Al. Bertholon obtiendront difficilement l'approbation des linguistes.
On ne doit cependant pas nier la possibilité de certaines relations entre les habitants du littoral de la Berbérie et les peuples qui occupaient les îles et les eûtes de la mer Egée à l'âge du bronze, pendant le troisième et le second millénaire avant J.-C.
Des influences de la civilisation éuéenne se sont alors exercées à Malte, en Sicile, en Sardaigne, aux Baléares, en Espagne2. Aux derniers siècles de cette longue période, des objets fabriqués dans des pays du Nord-Est de la Méditerranée furent importés en Sicile1 et en Sardaigne'. Des vaisseaux venus des rivages qui appartinrent plus tard aux tirées parcouraient donc le bassin occidental de la mer intérieure.
Il est également certain que, dans la deuxième moitié du second millénaire, les indigènes qui vivaient au Nord-Ouest de L'Egypte entretinrent des rapports avec les riverains de la mer Egée. Sous Ménephtah, vers 1220, Mâraîou, roi des Lebou, envahit le Delta avec une armée composée d'Africains (Lebou, Mashaouasha, Kahaka) et de gens venus des « pays de la mer». Ceux-ci étaient des Akaïouasha, des Toursha, des Loukou, des Shardana, des Shagalasha. Ils étaient nombreux, moins cependant que les Africains; dans la victoire que les Egyptiens remportèrent, 6 365 Lebou furent tués; il périt 222 Shagalasha et
1. Les premiers Cotons de souche européenne <lnns l'Afrique du Nord, dans la Bévue tunisienne, IV-VI. 1897-1899; voir aussi la réfère lier indiquée p. 3211, n. :i.
2. Voir en particulier Déchelette, Manuel d'archéologie préhistorique, II, p. 2, 37, 60, 75, 7ii, 78, 7'.), Su el suiv. ; Mayr, dans Abhandlungen der bayer, ikademie der Wissenschaften, 1 Classe, XXI, p. 7lti-7: le même, die Insel Malta im Ulertum, p. 59,
::. Déchelette, I. c, p. 77. 199, 214, 329. i. Le même, p. :i'.is.
7 i — Toursha1. <>r les Loukou devaient habiter la Lycie2; les Toursha. qu'on peut identifier avec les Tyrsènes, étaient vraisemblablement établis dans le Nord de la mer Egée et dans l'Ouest de l'Asie Mineure; les Shardana et les Shagalasha étaient aussi, semble-t-il, des peuples de l'Asie Mineure, où s'élevèrent les villes de Sardes et de Sagalassos3, qui rappellent leurs noms; enfin les Akaïouasha sont peut-être identiques aux Achéens'. L'inscription de KarnaU qui nous fait connaître l'invasion de Màraîou ne prouve point, il est vrai, que les Toursha et autres aient eu des colonies sur la côte de la Libye, à l'Ouest du Delta : ceux qui combattirent dans l'armée commandée par le roi des Lebou pouvaient n'être que des alliés récemment débarqués, ou même des mercenaires '. Plus tard, des Toursha vinrent se fixer dans la Méditerranée occidentale et formèrent la nation des Étrusques. Il est possible aussi que des Shardana soient allés occuper la Sardaigne, à laquelle ils auraient donné leur nom.
Ces constatations ne nous autorisent pas à affirmer que des marins du Nord-Esl de la Méditerranée aient visité les cotes de la Berbérie, que des colons venus des mêmes régions s'\ soient établis. Mais si des découvertes ultérieures dissipent toute incertitude, il ne faudra pas s'en étonner. Les preuves manquent aujourd'hui. Les Egéens auraient «1 ù exercer une
1. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, II. |>. 430 el suiv.