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multipliées pour faciliter le retour des bâtiments chargés du précieux métal.
Nous ignorons d'où les Phéniciens vinrenten Afrique1. Il est assez vraisemblable qu'ils passèrent par la Sicile, plutôt que par le littoral situé entre l'Egypte et la grande Syrte : nous ne trouvons dans ces parages aucune trace d'établissements qu'ils auraient fondés'2. La navigation était du reste dangereuse dans le golfe des Syrtes et l'accès par le Nord-Est était plus facile.
En quoi consistait leur commerce d'échanges? Nous l'ignorons également. On peut croire qu'ils emportaient du bétail, des peaux, de la laine, de l'ivoire, des plumes d'autruche3, qu'ils emmenaient des esclaves \ En somme, il faut avouer que les origines de l'histoire des Phéniciens d'Afrique sont enveloppées d'une profonde obscurité '.
Après avoir reconnu lesressources du pays, ils fondèrent, non plus de simples stations, mais de véritables colonies, qui ne
1. Ea tout cas. il esl certain i|u'ils y vinrent par nier, comme l'indiquent les textes anciens el le site de ceux de leurs établissements que nous connaissons.
2. Conf. Meltzer, I. p. 449-450. M. Bérard {Beoue de l'histoire des religions, 1809, 1. p. i.'i'.i) croit qu'Aziris (dans le golfe de Bomba) est un nom phénicien; mais il ne Ii' prouve pas. M. Sonny [Pliilologus, XLVIII, 1889, p. 559) n'a pas prouvé davantage l'origine phénicienne du nom d"Axaêi;, lieu que Ptolémée (IV. i. 7, p. 671, l'dil. Millier) indique en Cyrénaïque, à l'intérieur des terres. Si les Grecs avaient trouvé les Phéniciens établis dans cette contrée lorsqu'ils \ vinrenl eux-mêmes, nu vu' siècle, il est probable qu'ils en auraient gardé quelque souvenir. Que d'ailleurs le littoral, depuis l'Egypte jusqu'aux Syrtes, ail été visité par dis marchands phéniciens, cela esl fort possible. Ulysse prétend qu'un de ces marchands, qui l'avail emmené on Phénicie, le pril avec lui sur son navire, s.uis prétexte d'aller taire du commerce en Libye (i; At6-jT|v : Odyssée, XIV. 295), mais que le vaisseau lit naufrage après avoir quitté les parages de la Crète. Il se peut qu'ici le mol Libye soil pris dans un sens restreinl (comme au chanl IV, 85) el désigne le pays situé au Nord-Ouest de l'Egypte, celui qu'habilaieni les Lebou mentionnés dans des documents égyptiens.
3. Voir Mellzer. I. p. Su ci suiv. on saii que les éléphants el lis autruches abondaienl alors en Berbérie : conf. plus haut, p. 7i el 128.
4. Peut-être les Phéniciens ont-ils apporté des armes aux indigènes el répandu parmi eux l'usage du fer : conf. p. 212. n. i.
■ i. il convient de laisser de côté les prétendues traditions sur des migrai s
de divinités qu'allègue Movers Ml. 2, p. .'is ri suiv.). Quand même il s'agirail \ rainieiii de dieux phéniciens, ces légendes ne nous apprendraienl rien de précis
n Mu -uni i' des hommes.