‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 266 sur 404 · GES PHÉNICIENS DANS L'AFRIQUE DU NORD · texte numérisé non relu

GES PHÉNICIENS DANS L'AFRIQUE DU NORD

furent probablement pas très nombreuses1, car ils ne devaient pas disposer de réserves inépuisables d'émigrants. Les textes^ nous l'avons vu, mentionnent cini| ou six de ces villes. Si l'on accepte leurs indications, on peut constater que les sites lurent en général bien choisis. Utique s'éleva près du bras de mer qui relie les deux bassins de la Méditerranée. La vallée d'un fleuve important, la Medjerda, ouvrait unevoie vers l'intérieur. (le fut bien plus tard que cette rivière, se déplaçant, vint encombrer de ses alluvions le lieu où s'élevait la vieille cité2. Celle-ci dut occuper d'abord une petite île, très rapprochée du littoral'; les colons n'avaient pas à craindre une attaque subite des indigènes et le chenal que cette île abritait contre les vents du large pouvait leur servir de port. Située comme Utique au seuil des deux bassins de la Méditerranée, l'Hippo à laquelle Bizerte a succédé avait un port admirable dans le vaste lac qui s'étend derrière elle et qu'un canal faisait communiquer avec la mer. Elle était le débouché d'une région très propre à l'élevage; de même que l'autre Hippo. protégée contre les vents les plus dangereux par le massif de l'Edougb. et le cap de Garde. Hadrumète ne possédai! pas un bon abri naturel '. mais elle pouvait drainer les produits d'une contrée dont la richesse agricole devint plus tard proverbiale. Dans les parages inhospitaliers des Syrtes, Leptis fut établie, faute de mieux, à l'embouchure d'une rivière qui lui servit de port; dans le voisinage, des terres élevées dominent presque les flots et, recevant des pluies suffisantes, offrent îles espaces

I. Diodore (V, 20) dit, il est vrai, que les Phéniciens • jïij).).à; Y.a--t :r,v rYiSôvjv

iito:xMi; i-'jir^z-i-o ». Mais il vi'iii peut-être parler des stations, des c ptoirs,

qui durent être en effel nombreux, el non îles colonies proprement dites.

i!. Pour les changements de hi de la Medjerda dans l'antiquité, voir surtout Bernard, Bull, de géographie historique, 1911, p. 212 el suiv.

3. Barth, Movers (II, 2. p. 513, n. 182), Tissol (II, p. 61) croienl cependant que cette lie o été créée artiflciellomenl par le creuse ni d' anal.

.1.. Il \ in,, eu là une petite crique, aujourd'hui c blée, qui amaii été le

plus ancien porl : Tissot, II, p. loO : Hnnnezo, dans Mas archéologique de la Tunisie, i de Soussc, texte, p. 2 II du plan).

370 COLONISATION PHENICIENNE. EMPIRE DE CAKTHAGE.

fertiles, qui contrastent avec la stérilité presque générale du littoral de la Tripolitaine1. Sur la côte de l'Océan, les ports naturels sont rares : Lixus s'éleva aussi sur une rivière (l'oued Lekkous)2, dans un pays propice à l'élevage. Sauf la dernière. ces colonies lurent fondées sur la nier même, et non pas, comme Athènes. Argos3, Home. 1rs villes des Etrusques, à une distance du rivage suffisante pour échapper à des attaques venant du large. Marins avant tout, les Phéniciens s'inquiétèrent moins des dangers d'une telle situation qu'ils n'en apprécièrent les avantages.

Surcroit de population dans la mère patrie, discordes civiles, menées d'ambitieux, entraînant à leur suite des gens de condition inférieure el des aventuriers : telles furent, dit-on. les causes qui déterminèrent cette colonisation1. Peut-être, — mais il ne faudrait pas l'affirmer, — - l'exode des Cananéens refoulés par les Hébreux avait-elle contribué à surpeupler le littoral qu'occupaient les Phéniciens '. Les cités nouvelles paraissent avoir été, au moins en partie, des créations officielles"; la métropole était assez riche pour subvenir aux dépenses nécessaires 7.

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