‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 268 sur 404 · Conf. Diodore, V. 35; Justin, \\ III. i · texte numérisé non relu

Conf. Diodore, V. 35; Justin, \\ III. i

LES PHENICIENS DANS L'AFRIQUE DU NOIUI. 371

La période de colonisation, qui, d'après les textes cités, aurait commencé vers la fin du xne siècle, dura sans doute longtemps. Une tradition que nous croyons acceptable place à la fin du iv siècle la fondation de Cartilage et il n'est pas certain qu'elle ait été la pins récente des villes phéniciennes d'Afrique.

On s'est demandé1 si l'expansion des Phéniciens dans la Méditerranée occidentale ne fut pas une sorte de revanche de la ruine de leurs établissements dans la mer Egée. Chassés des lieux qu'ils avaient occupés, gênés dans leur trafic par de puissants rivaux, ils auraient cherché et réussi à se dédommager ailleurs. Mais l'Iliade et l'Odyssée nous montrent que, pendant le premier tiers du premier millénaire avant J.-C, le commerce des Phéniciens dans la Méditerranée orientale n'était nullement en décadence. Avaient-ils auparavant, sur les rives de la mer Egée, des possessions territoriales qu'ils auraient dû évacuer et dont on ne trouve plus aucune trace dans les poèmes homériques? Cela n'est pas prouvé et il nous semble inutile de greffer sur la question difficile que nous traitons une autre question, peut-être encore plus obscure.

Les auteurs indiquent que ces colonies africaines furent fondées par les Tyriens2. Les Sidoniens sont mentionnés deux lois, niais au sujet de villes que l'on qualifie ailleurs de colonies de Tyr3. Le terme Sidoniens ne désigne pas ici. d'une manière spéciale, les habitants de la cité de Sidon. Comme dans d'autres textes4, il est synonyme de Phéniciens. C'était le nom que les Phéniciens eux-mêmes se donnaient". Il 's'appliquait

1. Lenormanl (el Babelon), Histoire ancienne de l'Orient, VI, p. 507-8. E. Meyer,

G< hichtedes ilterthums, I" êdit.,I, p. 337. Maspero, Histoire ancienne des peuples de

l'Orienl classique, II, p. 740.

2. Vjouter Strabon, XVI, . 22 (mention des colonies fondées par Tyr en Ifrique el en Espagne).

:t. Voir p. 361 ri 362.

i. Par exemple, Iliade, VI. 290; Odyssée, IV. si ri 618; Josué, Mil, 6; Jajes, X, \2: Unis, III, 16, 31.

.'i. Du i it les Phéniciens établis cuire le Nahr el Kelb ri le Car I. Voir

Corpus inscriplionum semiticarum, Pars 1, n" 5 (où Uiram, roi de Tyr, csl qualifié

par conséquent aux Tyriens. Il n'y a donc pas lieu d'admettre, avec Movers ', une période de colonisation sidonienne, qui aurait été distincte de la colonisation tyrienne et l'aurait précédée.

A la Un du second millénaire et au commencement du premier, l'affaiblissement des empires égyptien et assyrien avait été mis à profit par les rois de Tyr. Ils avaient étendu leur suprématie sur les autres villes du littoral, depuis le Nahr el Eelb jusqu'à la pointe du Carmel ; Tyr était devenue une véritable capitale'. Ce fut au temps de cette hégémonie que se fondèrent les colonies d'Occident. Il ne faut pas en conclure que leurs premiers habitants aient tous été originaires de Tyr; celle-ci n'aurait sans doute pas pu fournir le nombre d'hommes nécessaire. Des émigrants vinrent probablement des autres cités phéniciennes, peut-être même de certaines régions qui étaieul en rapports avec Tyr, par exemple, comme on l'a supposé, du pays des Cananéens '.

Il est possible que certaines colonies d'Occident aient essaimé à leur tour. Etienne de Byzance '' indique qu'Acholla (Kl Alia. au Sud de Mahdia, sur la côte, orientale de la Tunisie) fut fondée par des gens de MétÀit/) (Malte), c'est-à-dire, sans doute. par des Phéniciens établis dans cette île '. Oea (Tripoli) aurait

<lc roi des Sidoniens); Babelon, Catalogue des monnaies grecques de la Bibliothèque Nationale, Rois de Syrie, p. 86, n" 07 4- (« Tyr, métropole des Sidoniens >•). Conf. do VogiLé, Mémoires présentés à l'Académie 'les Inscriptions, VI. I"' parti»* (ÎNIRI), p. tii el Miiv.: E. Meyer, Geschichte des Allertams, - édit., I. -. |>. 381.

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