Servius, lu Aeneid., IV
.;. Édit. I.. Miiller, p. M (n° 212* : » Poenos Didone oriundps ». 0. Virgile emploie parfois aussi le nom Elissa : IV. 335, 610; V, 3. 7. Ovide, Fastes, lit. 553 ;tfcroid., VII, 102, 193. Silius Italicus, I. SI, us. Juveual, VI, 435. Stace, Silves, III. I. 7i; IV. J, I. Eustathe, /. ... p. 250 el 251. Efc!
5. I, (i. S : •■ AI. Klissa Tyria, qunm quidam Dido autumant, Carthago conditur. •■ il. h, Aeneid., 1, 340; IV. 36, 335, 674.
lu. Conf. Etymologicon Magnum, s. v, AiSw, où il est dit que ce mot signifie nXaviftn (l'errante) dans la langue des Phéniciens.
que Dido signifiait en langue punique «femme virile1 ». ou lui donnaient le sens de « meurtrière de son mari- » : explications dénuées probablement de toute valeur3. Les modernes ' ont proposé diverses étymologies, tirées de la langue phénicienne, ou même du grec. Dido aurait signifié soit l'Errante 5 (sens indiqué par Timée), soit l'Aimée (de Baal) ". soit le dénie protecteur du lieu7, soit Celle qui donne'. Cet appellatif se serait appliqué à une déesse qui aurait été Astarté. ou celle qu'on est convenu de nommer Tanit9. Ce sont là des conjectures peu solides. Du reste, si elles étaient fondées, elles ne permettraient aucune conclusion contre l'existence d'une femme appelée Elissa, puisqu'il n'est pas impossible d'admettre que la femme et la déesse aient été d'abord distinctes. La vérité est que nous ignorons l'origine de ce nom de Dido et les motifs qui l'ont fait associer à celui d'Llissa '".
Ouant à Hiarbas, ou Iarbas, les arguments que Movers a
1. Servius, l. c, I, 3i0 : » Dido domine Elissa ante dicta est, sed post interitum a Poenis Dido appellata, id est virago punica lingua ■• ia eause du murage dnni elle fit preuve en se tuant). Conf., ibid., IV. :ib, 335, 074.
2. Eustathe, l. c, p. 231 : iv8po?dvo?. Ce nom lui aurait été donné parles indigènes (£-:-/«p:fn ;i.v/f,).
3. Voir apud Melt2er, i. p. 175, des hypothèses bien fragiles de Bocharl el d'autres sur l'origine de ces interprétations.
4. Un certain nombre île rel'erenees mhi! ilunnées par Rossbach, Real-Encyclopiïdie de Wissowa, s. v. Dido, col. 431.
5. Bochart, Movers (II, I. p. 363, n. 93; II, 2. p. 92), Meltzer (I, p. 128, 475).
6. Littéralement, dit-on, • amor eius » (i. e. Baalis) : Gesenius, E. Meyer.
7. Winckler (Altorientalische Forschungen, I. p. 341-3), qui indique qu'il y avait en hébreu un mot "". signiflanl genius loci, Saip.u>v. Didon sérail le Saiixiav KapjjïiSovciov qui est invoqué dans le traité de Philippe de Macédoine el d'Hannibal : Polybe, VII, 9, 2.
S. M. Clermont-Ganneau (Recueil d'archéologie orientale, VI, p. 273-9) est disposé à croire que le nom àiSii se rattache au verbe 8i3<i)|u; il correspondrai! à Tanit, que ce savanl rattacherail volontiers au verbe phénicien qui signifiait donner.
9. Movers. I. p. 609 el suiv.; II. I, p. 362 el suiv.; Il, 2. p. 92 el suiv. Meltzer, I, p. I2S. — Movers (II, 2, |). 92, 97) croil qu'Anna, indiquée soit comme identique à Didon (Eustathe, l. >.. p. 230), soil comme sa sœur, esl aussi un nom d'Astarté. Conf. Meltzer, I, |>. 129 el 475.
10. Une femme esl appelée Dido sur eue inscription latine d'Afrique : Corpus
inscr. lat., VIII, 8044. Mais elle recul sans doute ce a en souvenir de l'héroïne
chantée par Virgile. Cela ne prouve pas qu'un tel nom ail pu être porté par une Phénicienne nulle ans auparavant, au temps de la fondation de Garthage. On ni' le retrouve pas dans l'o nastique puni. pie.
donnés pour l'assimiler au dieu phénicien Iolaos sont très faibles. Il ne convient pas de s'arrêter aux vers de Virgile qui le présentent comme un fils d'Hammon et de la nymphe Garamantis : c'est sans doute une manière poétique d'indiquer qu'il était indigène1. L'Iarbas du lyrique grec était, non un dieu, mais le premier-né du genre humain. Le même nom, Hiarbas, fut porté par un personnage vraiment historique, un roi numide du i"' siècle avant J.-C. J.
Le nom du mari d'Élissa, Sikarbal, a été celui de plusieurs Carthaginois3; nous ne connaissons aucune divinité phénicienne qui se soit appelée ainsi.
On n'a donc pas prouvé que les acteurs qui jouent un rôle dans le récit de Justin aient été des dieux et il est certain que leurs noms furent portés par des hommes.
Ont-ils existé? Cela n'importe guère pour les deux comparses Sicharbas et Hiarbas, ce prétendu prince indigène dont le nom est probablement phénicien '. Mais Pygmalion n'est pas un personnage fictif : il était mentionné dans le document tyrien copié par Ménandre, document qui a dû être rédigé d'après des archives officielles et qui, par sa teneur même, inspire confiance. Les indications chronologiques de ce texte, combinées avec ce que nous pouvons savoir sur l'histoire de la Syrie, permettent de dater le règne de Pygmalion de la fin du i\" siècle, c'est-à-dire d'une époque à laquelle il n'est nullement invraisemblable de placer la fondation de Cartilage6.
1. Meltzer il. p. 478) reconnatl que l'indication de Virgile ne prouve pas grand' chose.
2. Tite-Live, Epit. libri LXXXlk (Hiarbas); conf. De viris illustribus (attribué à lurelius Victor), 77. Plutarque, Pompée, IL! : '\iy,-x; (corr. 'lapSa;).