Hérodote, IV
:!. Pseudo-Scylax, Périple, 112 (Gcocjr. çir. min., I. p. 04).
i. Hérodote, IV. 183. — Il existe au Sahara (dans le Fezzan,. à Telliz Zarhènc, et dans le Tibesti) des gravures rupestres représentanl des bœufs, ('.elles de Telliz Zarhène paraissent être antérieures aux temps dont nous parlons ici; Page de celles du Tibesti esl incertain.
5. Quaestiones ex utroque Vestamento mixtim, lia (ccril attribué il sainl Augustin, dans Migne, Patrologie latine, tome XXXIY-V, p. 2330) : « Garamantum, qui supra Tripolim Afrorum sunt, regibus tauri placueiunl ad sessum. »
(i. Conf. Gautier, Sahara algérien, p. 54.
7. Il y a des boeufs a bosse (zébus), d'origi soudanaise, non seulement dans
l'Adrai de- [forass et dans l'Air, qui sont a la lisière ridionale du Sahara.
mais aussi plus au Nord, dans l'Ahaggar; Duvcyrier en a signalé dans l'oasis de Ghal : voir Gautier, p. 108, Id7. 318; Ghudeau, Sahara soudanais, p. 203. Mais. quoique la chose ne soil pas absolument impossible (Schirmer, p. 128; Gautier, p. 137), il sérail déraisonnable de traverser \<- Sahara avec des bœufs.
Jurant plusieurs jours? C'est possible1; cependant on est en droit de supposer que les points d'eau, et aussi les pâturages, étaient alors moins espacés le long des pistes du désert. Leur nombre a pu diminuer par suite des progrès des dunes, qui s'accumulent de jdus en plus dans les anciennes vallées du Sahara. Peut-être aussi les pluies qui alimentaient ces points d'eau sont-elles devenues plus rares. Mais il ne faut pas se faire illusion sur la fragilité d'une telle hypothèse.
A-ton au moins des raisons d'admettre que le climat se soit modifié à la lisière septentrionale du Sahara et dans la partie de la Berbérie qui borde le désert au Mord? La Blanchère a écrit à ce sujet2 : « Il est une partie de la Libye du Nord où, certainement, s'est produit, et depuis les temps historiques, un grand changement hydrographique, hygrométrique, météorologique. Il est tout à fait hors de doute que le Sud de cette contrée, le A'ord du Sahara, a été. au moins en partie, une région très mouillée, pleine de marécages et. naturellement, de grands végétaux. Cette humidité s'étendait sur les espaces contigus. La cuvette des chotts, que les textes3 ne nomment jamais que paludes, £/,/,; les fonds, également trempés, des plateaux les moins élevés; le bassin de ce Nil. de ce Niger, de ce fleuve vague que les auteurs anciens entrevoient presque tous derrière la Berbérie; la dépression qui existe en effet au pied de l'Atlas saharien; les \ allées, encore imprégnées, du djebel Amour, de l'Atlas marocain; 1rs longs thalwegs de l'Igharghar, de l'oued
l. Conf. Strabon, XVII, :î, 7: il dit que, pour traverser le désert, les Pharusiens (peuple vivanl au Sud du Maroc) attachent des outres pleines d'eau sous le ventre de leurs chevaux.
'. Nouvelles Archives des missions, VII, IS'.iT, p. :il 33.
3. Ces textes se réduisent, je crois, o Mêla, I. 36 ingens palus... Tritonis... • C ml . -i l'on veut, Hérodote, IV, 1 7S ; Ptolémée, IV. 3, 6 (Xlp.v?i, X(nvai).
Mia, de l'oued Ghir, de lourd Djedi, ceux de l'oued Draa, de l'oued Guir, de l'oued Zousfana, qui, d'Igli à Figuig, est encore un marais : tout cela fut jadis une espèce de jungle, reliée ou non aux forêts du .Nord... Comment s'est faite la transformation? Comment la sécheresse a-t-elle triomphé, la flore disparu, la faune émigré vers le Sud? C'est ce que nous ne saurions dire. Mais il en a été ainsi... Au moment où l'Afrique du Nord est entièrement colonisée, l'agriculture, quand elle vient buter contre le Sahara, s'y heurte bien à un désert... Les colons le découvrent tel qu'il est aujourd'hui, en meilleur état toutefois, bien plus riche de sources, de puits et d'oasis. »
L'étude des textes ne permet pas d'adopter cette opinion. De l'Océan jusqu'au fond de la grande Syrte, la plupart des témoignages grecs et latins, les plus anciens comme les plus récents, nous montrent une suite de régions sèches, véritables vestibules du désert. Nous les examinerons tout d'abord1; puis nous apprécierons la valeur de ceux qui semblent les contredire.
Vers le cinquième siècle avant Jésus-Christ, Ilannon longe le désert dès qu'il a dépassé le Lixos, c'est-à-dire l'oued Draa, au Sud du Maroc-. Au milieu du premier siècle de notre ère, le général romain Suétonius Paulinus le rencontre dès qu'il a franchi l'Atlas marocain, en s'avançant dans la direction du fleuve Ger, peut-être l'oued Cuir d'aujourd'hui. Il trouve des solitudes de sable noir, où, çà et là, font saillie des roches qui paraissent brûlées; quoique l'expédition ait lieu en hiver, ce pays est inhabitable à cause de la chaleur3. La rivière que le roi Juba identifiait avec le Nil et qui prenait sa source dans une montagne au Sud de la Maurétanie, non loin de l'Océan, cou-
1. A ceux que nous .-illuns citer, ajouter Solin (XXVII. 5). Il 'lil de VAfriea. c'est-à-dire de la Berbérie : « Latere quod ad meridiem vergil fontium inops el infamis siti. »