Polybe, lll
:(. Ymr lîahrstedt, dans Klio, XII, lum. p. 471. Il va jusqu'à nier tout commerce carthaginois avec Rome ;i l'époque 1 1 1 > premier traité.
4. De même, Marseille, rivale de Carthage sur mer, resta pendant longtemps confinée dans ses remparts.
le pays appartenait aux indigènes. Elle payait même, depuis sa fondation, un tribut annuel pour le loyer du sol qu'elle occupait '.
Il est vrai qu'elle avait pu s'affranchir de cette redevance pendant une partie du vi" siècle. Justin- nous dit, sans préciser davantage, que, sous le commandement de Malchus, les Carthaginois « accomplirent de grandes choses contre les Africains ». S'agissait-il de repousser ou d'attaquer des voisins menaçants? Nous l'ignorons. Ce qui est certain, c'est que Cartilage cessa, pendant de longues années, de payer le tribut. Mais, vers la fin du VIe siècle, après une guerre malheureuse, entreprise à l'époque où les fils de Magon dominaient l'Etat, elle dut se soumettre de nouveau à l'obligation qu'elle avait acceptée jadis .
Plus tard, les Africains furent contraints de renoncer à la redevance*. Ce succès de Cartilage se place vers 473-430, peu de temps après la grande expédition de Sicile; malgré la défaite et la mort d'Hamilcar, la famille des Magonides dirigeait encore la république et faisait prévaloir sa politique belliqueuse 3.
I. Jusiiri. XVIII. ."i. 14 : •■ [laque, consentientibus omnibus, Karthago conditur, statuto annuo vectigali pro solo urbis »; conf. XIX, I. '■'•■ el XIX. 2. 4 (passages cités ci-après). Il n'y a aucune raison de rejeter ces indications : voir Gsell, dans Recueil de mémoires publiés par l'École des Lettres d'Alger (1905), p. 347. n. I.
12. XVIII, 7, 2 : ■ ... ducem suuin Malchum, cuius auspiciis... adversus Afros magnas res gesserant. ■■
3. Justin, XIX. 1. :i-i : ■■ Adversus Uros quoque, vectigal pro solo urbis ii i m 1 1< >rii i ii aiinrirurii rcpolriik-s dimicatum. Sed Afrorum sicuti causa iustior, ila el fortuno superior fuit, bellumque cum liis solutione pecuniae, non armis liniliiin. . — Justin (XIX. I. 13) dit encore que les Carthaginois grétextèrenl des
•■ adsidua llnitimorum bella », i r éluder l'ordre que Darius leur aurail donné
(au drliul du v" siècle) de participer à l'expédition contre la Grèce, <>n pcul penser à des guerres contre les Africains, a supposer que cette indication ail quelque valeur.
4. Justin. XIX. 2, 4 : » Al'ri compulsi stipendium urbis conditae Karthaginiensibus remittere. » Pour la date, voir Meltzer, 1. p. "J 2 .'> : II. p. 85 et 92-93.
:i. \ |ircs avuir donné les noms des (Ils d'il ami Irai- el d'Asdrubal, Justin (XIX, 2) ajoute : ■ I'it hos res Kar'thaginiensium ea tempestate gerebantur », el il parle aussitùl après des guerres contre les Maures el les Numides el de l'obligation qui fui imposée aux africains de renoncer au tribut. L'un des lils d'Hamilcar s'appelail Uannon. C'esl peut-être lui qui esl mentionné dan- le sommaire du livre XIX de Trogue-Pompée : • (Jndevicensimo vol ine continentur res Car-
46i COLONISATION PHENICIENNE. EMPIRE DE CARTHAGE.
La suppression du tribut fut accompagnée ou suivie1 de la constitution d'un territoire carthaginois dans l'Afrique septentrionale. Un demi-siècle environ après cet affranchissement, en iOO et en illli. nous constatons dans les armées puniques la présence de Libyens, enrôlés par recrutement, et non engagés comme mercenaires-' : c'étaient donc des sujets. Au début du iv siècle, on signale des révoltes de Libyens, qui vivaient évidemment sur le territoire punique. Il y a lieu d'admettre que ce territoire fut formé dans le cours du siècle précédent.
Aucun texte n'indique les motifs qui déterminèrent Cartilage à étendre sa domination à l'intérieur de l'Afrique. Mais nous pouvons aisément les deviner. Cette ville, dont la population fut de bonne heure nombreuse, avait besoin de campagnes assez vastes pour lui fournir au moins une partie des subsistances qui lui étaient nécessaires. L'aristocratie qui gouvernait l'Etat désirait sans doute s'assurer, par la possession d'importants domaines, une source de fortune moins aléatoire que le commerce maritime. D'autre part, il n'était pas prudent de laisser en armes, aux portes d'une grande cité, même défendue par de solides murailles, des barbares qui convoitaient ses richesses, guettaient l'occasion de s'en emparer et voyaient dans le paiement du tribut une marque de faiblesse. Une fois soumis, ces hommes vigoureux et braves pouvaient devenir d'excellents soldats pour les expéditions lointaines qu'exigeaient le maintien et l'expansion de la puissance punique sur les
r. I If p. | iO.
2. Diodore, XIII. 14; 54; 80. Il laul ajouter que Diodore (XI, l), anticipanl sans
doute, indique dès l'année 180 des levées de Libyens par les Cartliag - : conf.
Mi li/.-i-. II. p. 496.
rivages méditerranéens1. Après le désastre d'Himère. Carthage devait se préoccuper d'accroître la force de ses armées.
On ignore l'étendue du territoire dont elle se rendit maîtresse2. Vers la fin du m" siècle, le fossé qui bornait la contrée soumise à son autorité directe passait probablement à l'Ouest des Grandes Plaines (région de Souk el Arba) el à l'Est de Madauros (Mdaourouch, au Sud de Souk Ahras); il ne devait guère s'écarter de la frontière actuelle de la Tunisie et de l'Algérie3. Mais nous n'avons aucune mention certaine de ce fossé avant la guerre d'Hannibal et il n'est peut-être pas beaucoup plus ancien. Rien ne prouve que les frontières puniques se soient avancées jusque-là dès le v° siècle. Mais, mèrne si elle se contint alors dans des limites plus étroites, (lartbage, grand port méditerranéen, capitale d'un vaste empire maritime, devint désormais, par surcroît, une capitale africaine. Elle répandit sa civilisation dans la contrée qu'elle s'annexa, puis au delà de son territoire, chez ses vassaux et alliés.
Nous ne savons à peu près rien sur sa domination dans l'Afrique septentrionale jusqu'à la fin du rve siècle, époque de l'expédition d'Agatbocle.
Au début de ce siècle, une grande révolte éclata, à la suite du désastre d'Himilcon devant Syracuse (en 396). Ce général avait abandonné les Africains qui servaient dans son armée, pour s'enfuir avec les citoyens : trahison qui exaspéra les sujets de Cartilage, déjà las d'une administration lyrannique. Des esclaves se joignirent aux rebelles. Deux cent mille insurgés' marchèrent sur la ville, qu'ils bloquèrent étroitement, après s'être emparés de Tunis et avoir remporté des succès dans plu-
1. Cette dernière raison esl indiquée par Meltzer, l. p. 195, et 11. p. su.
2. Mellzer il. p. 226; II p. 87) ''^l disposé à croire que ce territoire correspondail .i peu près o la pn» ince i réée par les Romains en I ili avant J.-C. Mois il ne doi pas de I - argu ni- en faveur de son opinion.
:(. Voir Gsell, dans Recueil de mémoires, p. :u>(i <i suiv.
1. Beloch (die Bevôlkerung der griechisch-rô'mischen Welt, p. 169) croil ce chiffre exagéré, s'il esl exact, il prouve que la province punique étail déjà assez vaste. i. 30
sieurs rencontres. Mais Cartilage pouvait recevoir des vivres de Sardaigne, tandis que les assaillants en manquaient. C'était une foule sans chefs, sans discipline, divisée par les intrigues des complices que les Carthaginois s'étaient ménagés à prix d'argent. Elle se dispersa bientôt1.
Diodore- signale une autre révolte, qui eut lieu peu après l'année 379, alors qu'une peste causait de grands ravages dans la ville. Les insurgés paraissent s'être avancés, cette fois encore, jusque sous les murs de Carthage. Dans un moment de panique, des gens affolés crurent même qu'ils les avaient franchis; ils se précipitèrent à travers les rues et se combattirent, pensant avoir affaire à l'ennemi. On offrit des sacrifices aux dieux pour apaiser leur colère et on vint vite à bout de cette rébellion.
Quelqurs années plus tard, il y eut, semble-t-il, de nouveaux combats en Afrique. Nous n'avons à ce sujet qu'une indication d'un sommaire de Trogue-Pompée ' : « Après l'exposé des actions de Denys [l'Ancien] jusqu'à sa mort [en 307], récit de celles qu'Ilunnon le Grand accomplit en Afrique ». Le même Hannon voulut, vers le milieu du ry' siècle, s'emparer du pouvoir ahsolu à Carthage, d'abord par deux complots, qui échouèrent, puis par une révolte ouverte. Justin1 dit qu'il appela alors à son aide les Africains (c'est-à-dire les sujets de la république) et le roi des Maures. Il fut fait prisonnier et supplicié, et les Africains rentrèrent sans doute dans le devoir.
Ces maigres renseignements, qui nous sont parvenus presque par hasard '. prouven! que la paix fut plus d'une fois troublée