Voir
il. Comme l'a montré .M. Illing, p. S).
7. on lii dans li' litre du Périple : jiEpMcXoviç tôiv Cncsp t\- 'HpaxXIo-j; Xtv*;
Ai,,/.'.r. -r:- -;r(; p.îpûv. Là aussi, les Colonnes sonl évide enl le détroit. Mais,
c m e - i avons fait observer, ce titre n'esl probablemenl pas In traduction lil-
térale d'un texte phénicien. — .Elius Aristide (Oral., XXXVI. 03) écrit, en taisant
allusion à l'expédition d'Hannon : Kap/njôovtiov IxiuAïûo-avte: ::'" raSsipaiv n": ;i;
fijioi; xffi Aiêiri; icôX»; oixio-avre;, etc. Mais il esl possible qu'ici ::<■>
l'aô;:v.iv soil mu' expression elliptique, qui signifie > en dehors du détroit i\i'
Gadès -. du frelurn Gaditanum, c me les Romains appelaient le détroit de
Gibraltar. \ moins que ce passage ne contienne une erreur semblable ii celle que nous trouvons dans Pline.
s. .ti' me demande si l'indication ■■ cireumvectus .■> Gadibus - ne provient p.'i* d'un auteur qui, lisanl la traduction grecque du Périple, aurait reporté ii Gadès les 'Ihv.z; -toi Sripiai, conformément n l'usage africain. Cet auleur pourrait avoir été le roi Juba; il n'esl i>a> invraisemblable que les mots ■ ad fliiem Vrabiac », qui suivent dans le passage de Pline, viennent de lui : voir plus loin, p. 513-4.
9. Ce qui esl dil au §8 sur l'égalité de distance entre Carthage el lesColonnes, d'uni' part, les Col s el Cerné, d'autre part, ne se comprend bien que >'il
Naturellement, Hannon ne partit pas à l'aventure : les emplacements des futures villes avaient dû être choisis auparavant. 11 n'avait plus guère qu'à installer les colons.
« 11. Après avoir passé le long des Colonnes et avoir navigué au delà pendant deux jours, nous fondâmes une première
ville, que nous appelâmes Thymiatérion ; au-dessous d'elle était une grande plaine.
« III. Ensuite, nous dirigeant vers l'Occident, nous parvînmes au lieu dit Soloeis, promontoire libyque couvert d'arbres.
« IV. Avant établi là un sanctuaire de Poséidon, nous naviguâmes dans la direction du soleil levant pendant une demijournée, après laquelle nous arrivâmes à une lagune située non loin de la mer. couverte de roseaux abondants et élevés; des éléphants et. d'autres animaux très nombreux y paissaient.
« V. Après avoir dépassé relie lagune et navigué pendant
s'apil de deux moitiés 'l'un même trajet, par l.i route la plu- directe Cétanl entendu que les Colonnes désignenl ici le détroit).
une journée, nous fondâmes sur la mer des colonies appelées le Mur Carien, Gytté, Acra, Melitta et Arambys'. »
La colonie que le traducteur grec appelle Thymiatérion, et dont le nom se retrouve dans le Pseudo- Scylax2, parait bien correspondre à Méhédia3, lieu situé à gauche de l'embouchure de l'oued Sebou. sur un plateau escarpé, dominant une vaste [daine. Il y a entre le détroit et ce point une distance d'environ 250 kilomètres : ce qui convient à une traversée de deux jours. Il faut ajouter, au sujet des journées de navigation mentionnées dans le Périple1, que les distances franchies par Hannon en un jour ont dû varier, selon l'état de la mer, les vents, la nature des côtes, plus ou moins sûres, le long desquelles la flotte s'engageait. Il n'est pas prouvé, en effet, que, par le mot journée, on doive entendre une moyenne de parcours quotidiens '.
Notre texte n'indique pas le temps qu'IIannon, se dirigeant vers l'Occident (plus exactement vers le Sud-Ouest), mit pour aller de Thymiatérion au cap Soloeis, où il éleva un sanctuaire à un dieu de la mer. identilié parles Grecs avec Poséidon.
Le Périple de Scylax6 mentionne aussi un cap Soloeis. « Toute
I. KaTO)XL<ra|A£V TtôXei; r.y>i -rt OaXctTTT] xa).ou^£vaç Kapixdv ze -ziiyo:. v.xl I'-tt/.v (ou K-jttt^ : lecture de Wescher, Dion. Byz. navig., p. 78), xa\ "Axpav, xai MéXittocv, xa'i "Apap:ëvv.
'1. § \\1 (p. '.):() : Koï>,'.: 7I'jto;ij.o; (l'oued Sebou) xai ).:u.\-/ . -/.ai roXi; fl>oivîxu>v
0u(j.taTiipta ovojia. Etienne de Byzance ntionne aussi ©uiuaT^pia, noXi; Aië-jr,;.
Il n'indique pas sa source.
:!. Millier, Geogr., n. à p. 2. Tissot, Mémoires présentés à I' Icadémie •/<■>■ Inscriptions, IX, I" partie, 1878, p. 226. Ivan. Fischer, p. 9-10. Uling, p. 13. — Selon Vivien (p. 356-7), a l'embouchure de l'oued Bou Regreg, soil à Salé, soil a Rabat; conf. Ëntz, p. 1 1.
4. Il esl évidonl qu'IIannon n'a pas tenu compte du temps passé .< terre (saut peut-être quand les arrêts élaienl «le très courte durée).
.",. D'après Hérodote (I\ 86), li ite qu' lavire pouvail faire dans un long
jour ei.ni de 70000 orgyes, dans une nuit, de 60000 : soil 700 el 600 stades (129 kilomètres el demi el III kilomètres) Scylax (§ 69, p. 58) compte une
moyenne de 500 stades par jour (92 kilo très el demi). Il ihi (§ lll. p. '. |ue,
dans les iditions le^ plus favorables, la travers le Carthage aux Colonnes
(environ I 580 kilomètres) peul s'accomplir en sepl jours el sepl nuits : ce qui fait une venue de 2\ 1 kilomètres ii répartir entre un jour el une nuit.
celte région, ajoute-t-il, est la plus célèbre et la plus sainte de la Libye. Au sommet du promontoire, il y a un grand autel de Poséidon, etc. » Ce détail, qui rappelle le sanctuaire consacré à la même divinité par Hannon. ne permet guère de douter qu'il ne s'agisse du même cap, quoique le nom de Soloeis, mot phénicien signifiant rocher1, ait pu être donné à plusieurs saillies du littoral. Or Scylax dit qu'il faut cinq jours de navigation pour aller des Colonnes au Soloeis J. Le cap Cantin, situé à environ 570 kilomètres de l'entrée du détroit, répond bien à cette indication. Il répond aussi à l"HXîou opoç, que Ptolémée3 place entre les embouchures de l"Ao-âv« et du «l'oJO, c'est-à-dire de l'oued Oum er Rbia et. de l'oued Tensift4 : 'HXîoy ô'po; n'.est d'ailleurs qu'une traduction du terme latin promunturium Solis, mentionné par Pline ;, et Solis est une déformation de Soloeis0. ('/est donc au cap Cantin qu'il faut placer le Soloeis d'Hannon7. Il est vrai que ce promontoire est aujourd'hui
I. Voir, entre autres, Movers, II. 2, p. 17S. 2i:). :i:i7 (srla; plur. selaïm). Gonf. plus haut, p. 40S. n. 2.
il. Deux depuis les Colonnes jusqu'au cap Hermée ('Ep(iaia âîxpa), trois depuis li' même cap. Tissut i/. c, p. 196; voir aussi Vivien, p. 351 1 place le cap Hermée au Ras '■! Kouas, à la hauteur du lieu appelé par les Romains Ad Mercnrios, a is milles de Tanger. Mai- il faul probablement chercher ce promontoire beaucoup |>lu> au Sud, au delà de l'oued Bou Regreg, vers le lieu que l'Itinéraire d'Antonin (édit. Parthey '■! Pinder, p. 2 et 3) appelle Mercurius, a l(i milles de Sali ; conf. Mùller, Geogr., n. a p. '.Il ; Fischer, p. 11 et 64. Je crois, avec Millier (/. c. ri édit. de Ptolémée, n. a p. :i7ii ri Fischer (p. 60), contre Tissot, que la description donnée par Scylax des côtes du Maroc actuel esl défigurée par une grave interversion.