‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 359 sur 404 · r,v Karo>xÎ7a{X£v, KspvY)v ôvou.s£a,av7£ç · texte numérisé non relu

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I. 'Ki:/.i;-/'.f/oa:0ï S'ai-ripi ix roC irepiitXou x«t' EÙtli xetaSai Kap/i)5cvo;'

Hannon parvint à Cerné après s'être engagé le long du désert. Il est donc impossible de chercher cette île sur les côtes du Maine, en face de l' Anti-Atlas ou du Haut-Atlas, comme Polybe ' et Ptolémée2 paraissent nous y inviter3. Parti de l'embouchure du Lixos, ou oued Draa, Hannon l'atteignit après trois journées seulement de navigation. Elle était donc située vers le Nord de la côte saharienne, et non pas. connue on l'a soutenu, au llio de Oro \ ou au delà du cap Blanc, dans la

yip i ti'/.oCi; ex -z Kxpyrfii'ioi iiz\ ~£.-.'rj,x: /.i./.i\'iii Èiti Képvïjv. L'expression v.-jL-' vj'i-j Kïs/r.ôov'j; a été reproduite dans les Incredibilia de Pahcplialus. .; 31.

1. Pline, VI. 199 : ■• Polybius in extrema Mauretania, contra montent Atlantem, a terra stadia VIII abesse prodidit Cernen. >• Ailleurs (V. 9), Pline semble bien

dire que Polyl larque une dislance de i'.lu milles entre l'Atlas et le fleuve

Anatis, l'oued Oum er Rbia ts'il faut interpréter ainsi ce texte, très discuté). Cela reporterait l'Atlas de Polybe tout au Sud du Maroc et permettrait de croire qu'il s'agit de l'Anti-Atlas : voir Millier, Geo;;/-., p. xxxi; Vivien, p. 338: Gôbel, p. 21; Fischer, p. 27: du reste, la mesure (734 kilomètres) serait encore trop forte, car il n'y a guère que Ton kilomètres entre l'Oum er Rbia el l'oued Draa, au Sud de l'Anti-Atlas. — On peut croire cependant que la Cerne de Polybe était celle d'Hannon. L'historien grec disait qu'elle était a huit stades de la lerre. Or Cornélius Népos donnai! la même indication (voir p. 485, n. 2 : I nulle = 8 stades) au sujet de son ile de Cerne, qui ne différait pas de celle d'Hannon, puisqu'elle elail situ '.r adverso maxime Carthaginis 1= -a:' v'A:j Kap/YiSôvo; du Périple).

'2. Ptolémée (IV. f>. 1 1 > place une ile de Cerne (Kipvïi vf,o-o; assez loin dans la

haute r, a l'Ouest-Sud-Ouest de l'extrémité du Grand Atlas (cap Ghir). Il n'y

a pas d'ile dans ces parages.

3. Sauf Scylax, dont nous allons parler, les autres ailleurs qui mentionnent Cerné ne donnent pas d'indications utiles au poinl de vue géographique. Ératosthène (apud Strabon, I, 3. 2) m' servait sans doute du Périple, on ne sait si Pline veut parler de l'Ile d'Hannon quand il dit (X, 22i : ■ lu insula Uricae Cerne iu Oceano accipitres totius Masaesyliae humi fetificant; nec alibi nascuntur, îlli- adsueti gentibus ■•. Pline (VI, 198-9) nous apprend qu'Éphore mentionnail une Me .le Cerné; il disait que les marins, qui. venanl de la nier Rouge, allaient dans la direction de celle ile. ne pouvaient pas. a cause de la chaleur.

dépasser certaines cul ies, c'est-à-dire certains Ilots Éphore voulait-il parler de

l'Ile d'Hannon? c'est possible, mais, dans ce cas, il ni' pouvait pas due. comme

nu le lit dans Pline (VI, 198), qu'elle elail situe 'nuira sinuin Persicum (ces

mots, en effet, paraissent bien faire partie de la phrase relative a Cerné, et non de la phrase précédente), il y a en sans doute une confusion entre l'Ile d'Hannon

et quelque lie de l'Océan Indien. Halls LvciqillI'OU [Alex., 18) el dans NonnUS

(Di'onys., \\ I. Ci: XXXIII, 183; XXXVI; 0; XXXVIII, 287), Ke'pvï| esl un heu mythique, situe en Orient. Denys de Milel (apud Diodorc, III. 54) faisait de Cerne une ville îles Miaules, a l'extrémité occidentale du contineni africain : c'était là de la éographic fabuleuse. Enfla Denys te Périégète (v. 2lu. dans Mûller, Geogr., II. p. lie place les vallées de Cerné, -iiir.ix Kipvyjç, à l'extrémité de l'Afrique,

au bord de II leeail.

4, Dans la haie dite Rio de Oro se trouve une ile. d'ailleurs bien plus grande

que la Cerne d'Hannon, qui est appelée Heine ice iinm apparaît pour la pre-

EXPEDITIONS SUR LES COTES DE L OCEAN. i s?

baie d'Arguin '. Il est vrai qu'on a douté de l'exactitude du chiffre de deux jours, indiqué dans le Périple pour la première partie «lu trajet, et qu'on a proposé de le remplacer par le chiffre douze2. Mais cette correction n'est pas acceptable, puisque Scylax compte eu tout douze journées de navigation depuis les Colonnes jusqu'à l'île de Cerné3. Notre texte même est plus décisif encore. Il nous apprend qu'il fallait naviguer autant, c'est-à-dire aussi longtemps, pour aller de Carthage aux Colonnes que pour aller des Colonnes à Cerné. Nous ne savons pas combien de journées Hannon comptait pour le trajet de Carthage au détroit, lieux distants d'environ 1 500 kilomètres4, mais la durée de cette traversée était certainement inférieure à celle qu'on devrait admettre si l'on adoptait la correction douze. Ayant mis le même temps à faire les deux trajets. Hannon jugea que Cerné était à l'opposite de Carthage, c'est à-dire qu'elle était à la même distance du détroit. Cette conclusion ne pouvait pas être rigoureuse, comme Hannon lui-même le laisse entendre : il ne tenait pas compte, autant qu'il semble, des variations de vitesse, qui. du reste, devaient à peu près se compenser, eu égard à la longueur du parcours.

Les trois données du problème, • — trois jours de navigation depuis l'oued Draa, douze jours depuis le détroit, 1 500 kilo-

mière fois, semble-t-il, sur une carte marine française de 1852, mais il est très probable qu'il ne tire pas son origine d'un souvenir du Périple). On a voulu l'identifier avec Cerné : M m lier, Geogr., p. xxvi, et surtout édit. de Ptolémée, u. à p. -.74. 733, iry.i; Vivien, p. :IN2-:1: Bunbury, p. 324;Meltzer, p. 2i:i; Entz, p. 33; etc. (voir Fischer, p. 22, n. 2). Contra : Fischer, p. 22.

1. Opinion de Bougainville, d'Anville, Movers, Trêve (p. 28-31 1, Avelol {Bull, de géographie historique, 1908, p. li-'i. u. 2), etc. (conf. Fischer, p. 23, u. I ; Judas {Revue de l'Orient, XII, 1800, p. 221) a même voulu retrouver le nom de ICspvrj dans celui d'Arguin. Contra : Mer, p. 36-37, 140-1; Fischer, p. 21. — Sur d'autres hypothèses inadmissibles relatives à la position de Cerné, voir Fischer, p. 21 et25.

2. Correction de Muller {Geogr., u. a p. 7), approuver par Vivien (p. 382, 390] ri Meltzer (p. 243). Plus lard, Muller (édit. de Ptolémée, p. 'iTii a proposé d'adopter le chiffre huit.

3. § 112 lp. 93) : cinq jours des Colonnes au cap Soloeis (conf. plus haut, p. 481), sept jours du Soloeis a Cerné.

1. Scylax, nous l'avons dit (p. 180, n. 5), compte sept jours el sept nuits comme

minimum.

mètres environ depuis le même point, — sont parfaitement conciliaires. En partant de l'oued Draa et en se dirigeant vers le Sud-Ouest, puis vers l'Ouest-Sud-Ouest (le Périple dit : « vers le Midi »), Hannon put arriver en deux jours au cap Juby1, au delà duquel la côte tourne. C'est entre ce cap et le cap Bojador. mais plus près du premier, non loin du delta de la Saguia el Hamra, qu'il faut chercher Cerné2. De là, nous comptons approximativement 1 500 kilomètres jusqu'au détroit de Gibraltar, distance qui pouvait être franchie en douze jours, à une vitesse moyenne de 125 kilomètres. Par malheur, on ne trouve dans ces parages aucune île qui réponde à la description du Périple; de plus, notre texte indique qu'après les deux premières journées, la flotte prit la direction du soleil levant : or, au delà du cap Juby, la côte file vers le Sud, puis vers le Sud-Sud-Ouest. Si nous ne voulons pas renoncer à nous servir de la relation d'Hannon, nous devons recourir, ici encore, à l'hypothèse trop commode de modifications profondes du littoral3 : la (erre aurait gagné sur la mer et Cerné, distante de 1 500 mètres à peine de la côte ', aurait été rattachée au continent.

Le site de cette île était de nature à plaire aux Phéniciens et aux Carthaginois. Cependant il est très probable qu'ils ne l'avaient pas occupée avant Hannon, puisque celui-ci dut lui donner un nom '. Il y fonda la dernière de ses colonies".

1. Il v a environ 225 kilomètres entre l'oued Draa ri ce cap.

2. Opinion de Kan, Fischer (p. 28 el suiv.), Ruge(p. 186), Illing (p. 2:l-2.'i).

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