‹ Histoire ancienne de l'Afrique du nord (volume 5)Chapitre 360 sur 404 · Ilting, |>. ï-i · texte numérisé non relu

Ilting, |>. ï-i

1. Voir Polyl I Cornélius Népos, cités p. 186, n. I. ri p. is:;. a. 2.

:;. Ce nom aurail signifié en phénicien « habitatio ultimo ». selon Bocharl (cité par Millier, Geogr., a. a p. 7). L'hypothèse qui le rattache au mol signiflanl corne esl moins invraisemblable (Quatremère, Journal des Savants, 1857, p. 259; Judas, flerue </.■ l'Orient, XII, 1860, p. 221); ce mot se retrouve dans l'èpilhète Balcaranensis, donnée a un Saturne qu'un ailorail au djebel lion Kuuniein, la montagne des Deux Cornes, au fond du -elle de Cartilage : Toutain, Mélanges de t i sole de Borne, XII. 1892, p. lu el -un.. 102-3.

6. Cette colonie lui peut-être installée sommairement. Scylax (§ 112, p. 94) dil que. quand les marchands phéniciens arrivent dans nie de Cerne, ils y dressent

« IX. Do là, passant pai' un grand ileuve, leChrétès', nous arrivâmes à un lac qui renfermai! Irois iles, plus grandes que Cerné. Partant de ces iles, nous fîmes un jour de navigation et arrivâmes au fond du lac, que dominaient de très grandes montagnes-, pleines d'hommes sauvages, vêtus de peaux de bêtes3, qui, nous lançanl des pierres, nous empêchèrenl de débarquer.

« X. De là, nous entrâmes dans un autre fleuve, grand et large, rempli de crocodiles et d'hippopotames1. Puis nous rebroussâmes chemin et nous retournâmes à Cerné.

« XI. Nous naviguâmes de là vers le Midi — »

Le Périple raconte sans doute ici un voyage de reconnaissance, qu'Hannon dut faire avec un petit nombre de vaisseaux, laissant le reste de sa flotte à Cerné3.

Ces masses d'eau sur lesquelles les Carthaginois s'avancèrent pendant plus d'une journée 6, ce fleuve plein de crocodiles et d'hippopotames, on est naturellement disposé à les chercher

des tentes | r s'abriter. Ils ne trouvaient donc pas en ce lieu où se loger. Il

est vrai qu'ils venaient peut-être en foule, à des sortes de foires périodiques.

1. Xf:tr,r ion XpSTï|V, lecture de Wescher, (. e.. p. 78). X^aîTr.ç, dans Anslole. Meteor., 1. 13, 21 (eonf. plus haut, p. 473, a. 4); dans Nonnus, XIII, 374, 380, el XXXI. 103; dans Suidas, s. u. ; \pe\uxk, dans Hésychius, s. v. — Bocharl Millier, Oeogr,, a. a p. Si croit que c'esl un nom phénicien, signifiant » Quvius vinearum ».

2. eïç Tov !-»-•.> "/ov t/,: Vîtj.vr,:..., -j-rckp rçv opt] ixiyivza 'j-xzpiizwE.

:t. iv8pÛ7twv «Yptwv, Slpjiocia Bïjpeia èvr]|i|isvtov. Cette expression indique évidemment des vêtements : on ne peul d • i>.i~ croire qu'il s'agisse de singes.

i. Le second Ileuve est-il, comme on l'a cru (Muller, Geogr., a. à p. 9; Vivien, p. 38G; etc.), le « (lumen Bambotum, crocodilis el hippopotamis refertum », mentionné par Pline (V, 10), d'après Polyl u Agrippa? Bochart a ingénieusement

rapproché ce nom de l'hébreu behemoth, qui paratl signifier hippopotame. Peut-être le Périple l'indiquait-il; il aurail él is dans notre manuscrit.

:;. llannon avait déjà pu. laisser auprès des colonies nouvelles une partie des navires qui avaienl servi à transporter les émigrants,

u. n leur i.illn un jour pour aller des lies qui étaienl dans le lac jusqu'au

I' I île ce lac.

i'.io COLONISATION PHENICIENNE, EMPIRE DE CARTHAGE.

au delà du Sahara desséché. Parmi les savants qui ont étudié le Périple, plus d'un a cru qu'Haunon avait navigué sur le Sénégal '. Il semhle difficile de renoncer à cette opinion. Elle se heurte cependant à des objections très fortes.

D'abord, il faul beaucoup de bonne volonté' pour retrouver île ce côté hs deux fleuves reliés par un lac2 et les très hautes montagnes que décrit notre texte1. En outre, la relation nous apprend qu'Hannon. parti de Cerné pour s'engager dans Le

1. Plusieurs hypothèses mil été présentées. Les mis mit identifié le premier Qeuve avec une rivière de Saint-Jean, mu déboucherait au Sud d'Arguin, près du cap Mink. ri le second (leuve avec le Sénégal : voir, entre autres, Millier, Gcogr., a. à p. S ri li. Mais cette prétendue rivière de Saint-Jean n'existe pas (Vivien, p. 385; Mit, p. 142-3; Millier, édit. de Ptolémée, n. à p. 733, corrigeanl ce qu'il avait du dans son édition du Périple). D'autres croient que le premier fleuve est le Sénégal ri le second la Gambie : Judas, Revue de l'orient. XII,

l>. 250, 200; Entz, p. 36-38. Selon Mer (p. il, 144-5), il s'agir le la Gambie el

du Rio Geba. Ces hypothèses doivent être rejetées, car elle indiquent deux fleuves indépendants l'un de l'autre, tandis que ceux du Périple communiquaient par l'intermédiaire d'un lac (voir unie suivante!. — Vivien (p. 384-0) identifie le Chrétès, mi Chrémétès, avec le marigot des Maringouins, une de- coulées du Sénégal, qui. a l'époque des liantes eaux, devient une véritable embouchure, située a s.'i kilomètres au Nord de l'embouchure permanente (voir Reclus, Géographie, XII. p. 189). Le lai- d'Hannon serait le grand lac de Guier, au Sud du Sénégal, avis- lequel il communique; ce lac renferme plusieurs lies el est dominé par des collines à l'Est. Le second Qeuve serait le Sénégal inférieur (lu-as de Sainl-Louis). L'opinion de Vivien a été adoptée par Bunbury, p. -\2:\ el 335; par Meltzer, p. 213: par K.an; par 11. el li. Kiepert, Formae orbis antiqui, X. carton. Millier (édit. de Ptolémée, n. à p. 7:i:i) s'y rallie, mai- en substituant au lac de Guier le lac Cayar, situé au Nord du Sénégal, avec lequel il communique aussi, et bordé a l'Est par des collines,

J. Il ne semble pas qu'on puisse comprendre autrement noire texte : zl; 'r.\>-rc;i àçrxôpeôa, ô'.i Te/'.; ïtOTap.o5 [AS-fâXon 8ia7t).Ey<ravTe;... E!ç t'ov u.v/ov -f,: i a;r//,; ?,).Sop.£v... 'E»sï9ev tiXs'ovteç £:: srepov ïÎ>,6o(jlev jcoTaptôv. ('.oui'. Fischer, p. 23.

3. Le lac de Guier n'a qu'une c muiiicaliou indirecte avec le Sénégal, par

l'étroit marigol île la Taouey, dont le confluent est à près de mu kilomètres de

l'embouchure du marigol de- Maringouins et qui a une quinzaine de kil très

de longueur. Les colline- qui dominent le lac sonl insignifiantes. Pour revenir par le liras île Sainl-I.ouis. Ilannmi aurai! ilù repasser par la Taouey el refaire -m le Sénégal une grande partie de son premier trajet, tandis que le Périple indique qu'il passa du lac dans le second fleuve. On pourrait, il est vrai, faire tomber cette dernière objection en supposant que le second fleuve est le large

marigol de Bounoun, qui forme au Sud le prolonge ni du lac de Guier, mais

alors il ne faudrait compter qu'une trentaine de kilomètres pour la traversée du

lac, ce ,| si trop peu pour une journée de navigation. Le lac Cayar esl encore

plus éloigné de la mer que le lac de Guier; il ne communique pas directement avec le Sénégal ; il esl trop petit pour exiger une journ le navigation : le- hauteurs qui le lionlenl son! îles Imlle- ,1e saille, l'.ousllller la carie S de /' \tlns des

colonies françaises de P. Pelet.

EXPEDITIONS SUR LES COTES DE L OCEAN. VJl

Chrétès, y revint ensuite et que, de là. il se dirigea vers le Sud. La position de Cerné paraissant devoir être fixée entre les caps Juby et Bojador, il y aurait lieu d'admettre qu'Hannon longea d'abord le littoral sur une étendue d'environ 1 500 kilomètres, jusqu'à l'embouchure du Sénégal, qu'après avoir exploré ce Qeuve, il refit le même trajet en sens inverse, et qu'ensuite il le recommença une troisième fois. Os allées et venues, qui lui auraient pris au moins un mois, sont invraisemblables. I)'ail leurs, après son second départ de Cerné, il suivit une côte qu'il ne connaissait pas encore : les détails donnés (au § XI) sur l'attitude des indigènes le montrent assez clairement. <>n est donc amené à croire que, de Cerné, Hannon passa presque immédiatement dans le Chrétès1.

Un grand fleuve se jetant dans la mer après être sorti d'un vaste lac que les Carthaginois mettent un jour à parcourir, qui renferme trois iles et que dominent des montagnes très élevées, un autre fleuve important communiquant avec ce lac : voilà ce que le Périple indique dans une région que nous avons de fortes raisons de placer en plein Sahara, entre le cap Juby et le cap Bojador.

A i."> kilomètres" au delà du cap Juby, débouche la rivière appelée Saguia el Hamra. Elle forme un delta, large d'une douzaine, profond d'une dizaine de kilomètres, qui, en hiver, saison des pluies, est couvert d'eau. Pendant le reste de l'année, ce delta est séparé de la mer par une forte barre de sable et, à l'intérieur, il n'y a que des méandres d'eau dormante3. Dans le pays, encore très mal connu, que parcourent la Saguia et ses affluents, se dressent, non pas « de très grandes monta gnes ». mais tout au moins «les collines assez élevées. Cette

1. Pour ce qui suil voir Fischer, p. 30 ri suiv. (approuvé par Ruge, p. isiii: Uling, p. 2:1. 26-27. Ils identifient le Chrétès avec lu Sag I II ra.

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