H. Basset, Essai, p
villes et des pays soumis à ses lois : à la fois par les mercenaires et les auxiliaires qui servaient, comme les sujets libyens, dans les armées de la République, par l'influence des colonies éparses sur les côtes des Syrtes, de la Numidie et de la Maurétanie, par le commerce, surtout par l'exemple des rois.
Ceux-ci, Cartilage avait tout intérêt à les attacher, non seulement à sa politique, mais aussi à sa civilisation. Des séjours dans la grande ville, des mariages^ pouvaient les aider à apprendre le punique. C'est en cette langue que Syphax et son fils Yermina, que Masinissa inscrivirent leur nom et leur titre royal sur leurs monnaies-; que ^lasinissa rendit hommaere à une déesse vénérée dans l'île de Malte '.
Il n'y avait donc aucune raison, — bien au contraire, — pour que le punique fût a])andonné dans les colonies qui passèrent sous l'autorité des rois et dans les parties du territoire carthaginois dont Masinissci s'empara. Des monnaies frappées par des villes maritimes portent des légendes puniques * : postérieures à la domination de Carthage etmême, pour une bonne part, contemporaines d'Auguste et de Tibère", elles attestent l'usage officiel de la langue phénicienne jusqu'au delà de notre ère ; langue dont la survivance en ces lieux est confirmée par quelques inscriptions sur pierre'"', publiques' ou privées. Des textes anciens