Gai, II
LE CHRÉTIEN DANS L'aOE APOSTOLIQUE 45
lem après sa première mission, il exposa aux chefs de l'Eglise, Pierre, Jacques, Jean, et autres, la doctrine qu'il enseignait aux païens, « afin, dit-il, de ne pas courir en vain ». On se demande ce qu'il leur aurait exposé s'il ne leur avait pas parlé d'un point si grave et qui tenait tant de place dans ses prédications. Comme on ne lui fit pas d'objections, il faut admettre que l'efficacité rédemptrice de îa mort du Seigneur était dès lors chose reçue parmi les apôtres. Enfin, quand Paul discute sur la valeur de la Loi avec des adversaires judaïsants, quel est son argument principal ? « Si c'est la Loi qui justifie, c'est donc pour rien que le Christ est morti ». De quelle grâce eût-il produit un tel raisonnement, si les judaïsants n'avaient partagé sa croyance à la Rédemption ?
Ainsi l'éducation des premières générations chrétiennes comportait, avec une somme considérable d'éléments empruntés à la tradition juive, des croyances tout à fait spéciales, qui ne pouvaient manquer, en se développant, d'introduire une grande différence entre les deux confessions.
Et ce qui se constate pour l'enseignement se révèle tout aussi bien dans les institutions. Jetons un coup d'œil sur l'organisation et la vie des sociétés chrétiennes, que la prédication des apôtres constituait un peu partout dans le monde hellénisé. Les lettres de saint Paul nous offrent ici des renseignements précieux.