‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 102 sur 205 · D'après les Philosophumena · texte numérisé non relu

D'après les Philosophumena

2. Sauf que, chez Hermas, le terme de Christ n'est pas employé, mais seulement celui de Fils de Dieu.

le banquier, c'est le culte de Melchisédech. Melchi- «édech était identifié par lui avec le Fils de Dieu, le Saint-Esprit. Cette idée, suggérée par une mauvaise interprétation de l'épître aux Hébreux, se retrouve en dehors de la secte théodotienne et bien longtemps après ellei. Combinée avec le système du Christ devenu Dieu par adoption, elle devait aboutir à donner à celui-ci un rang inférieur à Melchisédech. Le Fils de Dieu, en effet, ne peut qu'être supérieur au bon serviteur dont il a dirigé les actes et décidé l'avancement. Aussi est-ce à lui que le sacrifice était offert. « Le Christ a été choisi pour nous appeler » de nos voies diverses à cette connaissance; il a » été oint et élu par Dieu parce qu'il nous a détourné» des idoles en nous montrant la vraie voie s^. C'est tout-à-fait l'œuvre du Sauveur dans la parabole d'Hermas.

Aussi n'est-on pas trop surpris quand on voit cptte «cole se chercher des ancêtres dans les générationi précédentes. On prétendait, dans la secte, être fidèle à l'ancienne tradition, conservée à Rome jusqu'à Victor, et qui ne s'était altérée que sous Zéphyrin. Ceci était déjà inexact, puisque c'est précisément Victor qui condamna les théodotiens. D'autre part, « nombre d'écrivains anciens, comme Justin, Miltiade, Tatien, Clément, Irénée, Méliton, avaient

1. Saint Epiphane l'atteste lui-même {Haer., LV, 5, 7) ; de son temps, l'auteur des Quaestiones Veteris et Novi Testamenti, qui écrivait à Rome, en était au même point (P. L., t. XXXV, p. 2329).

Page 1