Conl; VII
leurs exemplaires des Livres Saints ne ressemblaient guère aux textes reçus ; ils différaient même beaucoup entre eux. On citait ceux d'Asclépiade, de Théodote, d'Hermophile, d'Apollonide, ces derniers en désaccord les uns avec les autres.
Le « Petit Labyrinthe », qui nous a conservé ces renseignements, est le seul ouvrage où ces travaux de critique biblique aient laissé trace. Il était dirigé expressément contre Artémasi, et de graves indices portent à croire qu'il fut écrit par Hippolyte, vers la fin de sa vie. Ce n'était pas la première fois que le grand docteur romain s'attaquait aux Théodotiens. il leur avait déjà consacré des notes spéciales dans son Syntagma d'abord, puis dans les Philosophumena.
Les Aloges aussi eurent affaire à lui. On a vu plus haut comment ce parti s'était formé en Asie lors de la première apparition des prophètes montanistes, alors que les écrits de saint Jean étaient encore d'assez fraîche date pour qu'il ne fut pas trop insensé d'en contester l'autorité. Cette opposition visait surtout l'usage ou l'abus que les enthousiastes de Phrygie faisaient du Paraclet, des visions et des prophéties. On ne voit pas qu'elle ait eu des conséquences dans
1. Les fragments contre Artémas, cités par Eusèbe sans nom d'auteur et que Théodoret {Haeret. fab., II, 5) dit avoir appartenu à un livre intitulé « Petit Labyrinthe », paraissent bien être d'Hippolyte. Photius (cod. 48) lui attribue (le confondant avec Caius) un livre « Contre l'hérésie d'Artémas ». Du reste le titre « Petit Labyrinthe » suppose un Grand Labyrinthe, et cette expression a servi à désigner les « Philosophumena », comme on le voit par le texte même de cet ouvrage (X, 5\
le domaine de la christologie. Saint Irénée l'avait repoussée ; Hippolyte crut devoir la combattre. Il le fit dans un livre intitulé « Pour l'évangile de Jean et l'apocalypse », dont une bonne partie doit être entrée dans le chapitre que saint Epiphane consacre aux Alogesi. Ces adversaires acharnés des Montanistes les avaient peut-être suivis à Rome, où, en ce moment, les disciples du Paraclet faisaient parler d'eux. Ceux-ci avaient plusieurs chefs, qui ne s'entendaient pas toujours, un certain Eschine et Proculus ou Proclus^, ce dernier très vénéré de Tertullien* Proclus écrivit pour faire valoir la nouvelle prophétie. Il lui fut répondu par un chrétien* de Rome appelé Caius, lequel eut occasion d'invoquer contre son adversaire les tombeaux du Vatican et de la voie d'Ostie, qui consacraient le souvenir des apôtres Pierre et Paul. Le livre de Caius avait la forme d'un dialogue. Il contenait une très vive critique de l'Apocalypse, que l'auteur attribuait à Cérinthe, tout comme lesAloges^. Hippolyte ne crut pas devoir laisser passer une telle assertion. Il écrivit contre Caius des Capita, dont certains fragments ont été récemment signalés*.