‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 118 sur 205 · Eus., VI · texte numérisé non relu

Eus., VI

le docteur en mouvement. Sa renommée de savant chrétien le faisait appeler auprès des grands personnages soucieux de se renseigner sur le christianisme. C'est ainsi que le légat d'Arabie le fit demander par exprès, et que, vers 218, la princesse Mammée, mère du futur empereur Alexandre Sévère, l'envoya chercher d'Antioche avec une escorte de cavaliers.

Quelque temps avant ce voyage, lors du sac d'Alexandrie par les troupes de Caracalla, Origène avait été obligé de s'enfuir ; il se réfugia en Palestine, auprès des évêques Théoctiste de Césarée et Alexandre d'iElia. Ces prélats, amis de la science et fiers de montrer à leurs fidèles le célèbre catéchiste d'Alexandrie, le décidèrent à parler dans leurs églises, non plus seulement aux catéchumènes, mais aux fidèles eux-mêmes ; Démétrius protesta vivement contre ce qu'il considérait comme une irrégularité et réclama son fils spirituel. Les évêques palestiniens s'excusèrent en citant des précédents^.

Quinze ans se passèrent encore. L'évêque d'Alexandrie, fier de ses succès et du renom de son école, le laissait enseigner à sa guise et ne songeait nullement à ^ui interdire ces hardiesses de pensée qui, vers le temps où nous sommes, commencèrent à se révéler dans ses premiers ouvrages, surtout dans le fameux

1. Evelpius, autorisé à prêcher par l'évêque de Laranda, Néon; Paulin, par relui d'Iconium, Gel se ; Théodose. par Atticus de Synnada. Ces personnages ne sont pas aut ement connus (Eus., VI, 19).

l'école chrétienne d'alexandrie 345

livre des Principes^. Un ami aussi riche que dévoué, Ambroise, mettait à sa disposition tout un personnel de sténographes et de copistes. Les commentaires du maître jouissaient ainsi, en dehors même de l'école, de la plus large publicité.

Cette situation fut troublée par sa rupture avec l'évéque. Origène, appelé en Achaïe pour combattre certaines hérésies, fut ordonné prêtre à son passage en Palestine, par ses amis les évêques d'^Elia et de Césarée. Démétrius s'était abstenu de lui conférer cette dignité. En laissant Origène dans la condition laïque, il le confinait dans l'enseignement extérieur, celui des catéchumènes, et lui interdisait toute prédication à l'église. Il n'en avait pas usé de même avec Héraclas, qui avait été admis dans le corps presbytéral, sans avoir à renoncer à ses études philosophiques, ni même à déposer le manteau de philosophe^. Peut" être l'usage d'Alexandrie était-il déjà contraire à l'ordination des eunuques^. Eusèbe insinue et saint Jérôme déclare que le prélat s'inspirait uniquement d'une jalousie mesquine. Cela est possible. Les évêques palestiniens auxquels Démétrius défendait de laisser prêcher Origène parce qu'il n'était pas prêtre, voulurent sans doute éliminer ce prétexte. Ils n'avaient pas, au sujet des eunuques, les mêmes principes que

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