‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 132 sur 205 · Ad Scap · texte numérisé non relu

Ad Scap

2. De Rossi, Roma sotL, t. I, p. 101 ; t. II, p. viii ; Bull., 1864, p. 57 ; 1865, p. 90.

l'église et l'état au ii« siècle ^ 385

collèges leur inspiraient une répulsion profonde. Tertullien, qui nous a laissé une comparaison célèbre^ entre les collèges païens et les associations chrétiennes, insiste avec sa vigueur habituelle sur les traits qui les distinguent. Un évêque d'Espagne, qui s'était risqué à faire partie d'un collège et à faire enterrer ses enfants par cette association, fut, pour ce fait l'objet de sentences ecclésiastiques2. De plus la loi sur les collèges funéraires supposait, comme condition essentielle, que l'on ne contreviendrait pas au sénatus-consulte qui prohibait les associations illicites.

Or quelle association était plus illicite que celle des chrétiens ? Il eût fallu que la police ignorât qu'il s'agissait de l'église chrétienne. Ceci surtout eût été difficile. Les collèges funéraires étaient des associations peu nombreuses, de quelques douzaines de personnes. Une église de grande ville, comme celle de Rome, de Carthage, d'Alexandrie, pouvait compter aisément, au milieu du III^ siècle, de trente à quarante mille fidèles. Il eût été malaisé de déguiser en collège funéraire une multitude aussi considérable 2.

Il me semble plus naturel de croire que si, depuis la mort de Marc-Aurèle, les communautés chrétiennes ont joui de longs intervales de paix, si elles ont réussi

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