Cyprien, ep. LXIX
condamnation de Privatus, évêque de Lambi^se. Cette ville, quartier-général de la légion et résidence ordinaire du légat, était, après Carthage, la plus importante de ces contrées. Toutefois les chrétiens ne parraissent pas y avoir été en très grand nombre. Privatus fut condamné pour hérésie par un concile de quatre-vingt-dix évêques. Le chiffre est intéressant ; il nous montre combien le christianisme était déjà répandu dans les provinces africaines. Donat, évêque de Carthage, et le pape Fabien écrivirent contre Privât des lettres fort sévères. Si nous les avions, nous saurions au juste en quelle hérésie s'était fourvoyé l'évêque de Lambèse. L'intervention de Fabien et de Donat fixe entre 236 et 248 la date de cette affaire.
Donat fut remplacé, en 249, par saint Cyprien, dont les œuvres jettent, pendant une dizaine d'années une très grande lumière sur l'église d'Afrique et sur ses relations avec celle de Rome.
3°. — Saint Cyprien et la persécution de Dèce.
Caecilius Cyprianus ^ était, avant sa conversion, un homme du meilleur monde africain. Riche ou du moins fort à l'aise, très distingué d'éducation, rhéteur expert et maître d'éloquence, avocat recherché, il comptait de nombreux amis dans l'élite de la société. Rien ne faisait prévoir qu'il pût un jour se