Ep. LXXIII
» leurs propres usage. Nous non plus, nous n'entendons )) violenter personne, ni faire la loi aux autres. Chacun » des chefs d'église est libre de conduire son admi- » nistration comme il l'entend, sauf à en rendre compte au Seigneur ))^. Dans cette tension des esprits, des paroles regrettables furent prononcées. On traita Cyprien de faux christ, de faux prophète, de mauvais ouvrier. Les légats ne furent pas admis à voir le pape ; on interdit même aux fidèles de les recevoir^. Aux prétentions de Cyprien, Etienne répondit par une décision fort grave. Non seulement il ne se laissa pas détourner de son usage et il ne cessa pas de le considérer comme le seul légitime, mais il signifia aux évêques d'Afrique qu'ils eussent à s'y conformer, autrement il romprait tout rapport avec eux. La même sommation fut adressée en Orient,
La lettre d'Etienne parvint à Carthage dans le courant de l'été. En attendant la prochaine réunion du concile, indiquée pour le l^"^ septembre, Cyprien écrivit à Pompeius, évêque en Tripolitaine, une lettre ^ où il parle de la réponse d'Etienne et s'en plaint amèrement. Au jour dit, quatre-vingt-sept évêques de toutes les provinces africaines s'assemblèrent à Car-
1. Il n'est pas aisé de concilier cette permission avec la réprobation absolue dont Cyprien poursuit l'usage contraire au sien.
2. Ep. LXXV, 25. Firmilien répète ici ce que lui a raconté le diacre Rogatianus, lequel étant parti de Carthage aussitôt après le concile du lef septembre 256 n'a pu connaître, en fait de propos romains, que ceux qui avaient été tenus avant cette assemblée.