Ci-dessus, p
2. Les Bopaîs; de Grégoire (Ep. can., 5) sont sans doute identique! aux Bopavct de Zosime, Hist., nova, I, 27, 31, 34.
3. C'est le sujet de sa célèbre épître canonique, un des plus ancieni ocoments de la casuistique.
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avaient emmenés en captivité, puis relâchés, avaient scrupule d'avoir mangé chez eux des choses profanes, Grégoire n'en avait cure, d'autant plus que ces barbares, assurait-on, n'avaient point sacrifié aux idoles et qu'ainsi leurs repas ne pouvaient avoir eu un caractère religieux. Des femmes honnêtes avaient subi des violences : il les console de son mieux et les rassure. D'autres n'avaient pas attendu les barbares pour avoir des aventures : il est pour elles plus rigoureux. Plus d'un chrétien s'était compensé de ses pertes en s'appropriant des objets volés par les Goths, et même des captifs emmenés par eux : Grégoire estime que de telles gens sont capables d'attirer le feu du ciel sur la contrée. Il y avait pire encore : on avait vu des fidèles se mettre au service des barbares, leur montrer le chemin, leur indiquer les maisons à piller, s'enrôler même parmi eux et s'associer à leurs méfaits, oubliant, dit l'évêque patriote, leur qualité de Pontiques et de chrétiens.
Ces détails peu édifiants donnent lieu de croire que les conversions si rapidement obtenues par Grégoire étaient encore un peu superficielles.
Ce saint évêque laissa une impression profonde. Ses miracles sont célèbres ; ils lui valurent les surnoms de Grand et de Thaumaturge. L'église de Néocésarée conservait au IV^ siècle un symbole qu'elle tenait de lui ; il lui avait été révélé, à la demande de Marie, mère du Seigneur, par saint Jean l'évangéliste. Telle est, du moins la tradition recueillie par
Grégoire de Nysse, panégyriste du Thaumaturge. A n'en juger que sur les textes, le symbole de Néocésarée trahirait plutôt l'inspiration d'Origène. Il paraît bien, du reste, que, malgré ses miracles et ses occupations pastorales, Grégoire fit toujours honneur à l'éducation philosophique qu'il tenait du grand alexandrin. Certains ouvrages qu'on lui attribue, non sans fondement, en dehors de ceux dont il a été déjà question, témoignent de préoccupations d'ordre spéculatifs.
2°. — Antioche.
Depuis le commencement du second siècle la Syrie formait trois provinces : La Syrie proprement dite, au nord ; la Syrie Palestine, ancien royaume d'Hérode ; enfin, à l'est et au sud de celle-ci, l'Arabie, qui correspondait au royaume nabathéen, annexé à l'empire
1. Les écrits cert uns de saint Grégoire le Thaumaturge ont:l°le Panégyrique d'Origène ; 2°répître canonique, adressée à un izpiù~x~c: xaTraç, sans doute un évêque de s. n voisinai^e, qui l'avait consulté ; 3° le Symbole ; :<> la Paraphrase de l'Ecclésiaste. Moins assurés sont les traités à Théopompe sur l'impassibilité et la passibilité de Dieu, à Tatien sur l'âme, à Philagrins ou Evagrius sur la consubstantialité. Le premier de ces ouvrages n'existe qu'en syriaque (Ryssel, Greg. Thaum., 1880, p. 7.^ (versio ; allemande) ; le troisième figure parmi les œuvres de ss. Grégoire de Nazianze et de Nysse (P. G., t. XXXVII, p. 383 ; t. XLVI, p. 1101). Les autres écrits qui circulent sous son nom sont pocryphes, notanmcnt le KaTa \i.iç,oç ttictiç, qui est une œuvre apollinariste. — Sur sa biographie, outre ses œuvres, v. Eus. VI, 30; VII, 14,28,30. Son panégyrique par Saint Grégoire de Nysse et les quelques, détails que fournit saint Basile représentent des traditions rt cueillies dans le Pont environ un siècle après la mort du saint, soit par les auteurs eux-mêmes, soit par Macrine, leur gTandmère, qui avait habité le Pont peu de temps après la mort de Grégoire et l'avait 1 eut-êire vu lui-mèm:.
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en 105 : elle comprenait Bostra et Pétra, ainsi que la presqu'île du Sinaï.
Antioche, l'ancienne capitale des Séleucides, maintenant chef lieu de la province du nord et quartiergénéral de l'armée d'Orient, demeurait pour tous ces pays une métropole morale. C'était une très grande ville. Par sa population (700.000 hab.) et son commerce elle n'était guère inférieure à Alexandrie. Elle la dépassait par son importance militaire. L'hellénisme y était plus homogène, plus organisé. Elle jouissait de son autonomie municipale. Athènes avait ses souvenirs, Tarse des écoles célèbres : Antioche était, au fond, la plus grande ville grecque, celle où l'esprit 4rec, malgré l'influence dissolvante du milieu oriental, était encore le plus puissant. On y était très frondeur. Les empereurs ne l'aimaient pas ; elle corrompait leurs généraux, les transformaient aisément en compétiteurs. C'est là que régnèrent Avidius Cassius, sous Marc-Aurèle, et Pescennius Niger, le rival de Septime Sévère. La victoire de Sévère fut suivie de représailles très dures. La province de Syrie fut démembrée ; on en détacha la Phénicie, qui forma une quatrième province ; on essaya même d'abolir la municipalité d'Antioche et de faire de cette grande ville un bourg dépendant de Laodicée. Mais cette fantaisie dura peu. On avait beau faire : Antioche était toujours au point précis où l'Euphrate se rapproche le plus de la Méditerranée, et par suite au centre naturel de la défense sur la frontière orientale.
446 CHAPITBE XXI.
Elle recouvra bientôt ses privilèges et continua d'être la reine de l'Orient. Jusqu'au temps de Julien, sa situation ne diminua pas.
Nous avons vu qu'elle avait été, après Jérusalem, la première métropole du christianisme. Dans la génération qui suivit celle des apôtres, elle eut pour évêque Evode et Ignace, le célèbre martyr. C'est le temps où les hérétiques Ménandre et Saturnil y semaient l'ivraie gnostique. Depuis Hadrien on perd entièrement de vue l'église d'Antioche. La liste épiscopale, transmise à Eusèbe par Jules Africain, porte ici les noms obscurs pour nous, de Héron, Cornélius, Héros. Après eux vient Théophile, qui paraît avoir siégé dans les derniers temps de Marc-Aurèle et sous Commode. Il nous est connu par ses ouvrages. Le seul qui se soit conservé est un traité en trois livres, adressé à un certain Autolycus et contenant une apologie du christianisme contre les objections des païens ^ Précédemment il avait écrit contre Marcion et contre Hermogène. Celui-ci était un peintre frotté de philosophie et encore à demi-païen. C'est le même que Tertullien réfute dans son livre adversus Herogenem ; on peut croire, en égard à ses habitudes de composition, qu'il y a fait entrer en grande partie celui de
1. Comme il y cite (111, 27) un livre de Chryseros où était marquée la mort de Marc-Aurèle (180), il a dû l'écrire sous le règne de Commode, en 181 au plus tôt. Sur les ouvrages de Théophile, v. Eus., IV, 24 et ■aint érome, De viris, 25. Aux ouvrag s connus d'Eusèbe, saint Jérôme ajoute, avec une nuance de doute, des comm ntair^s sur le livre de Proverbes et une sorte a'harmonle des évangiles, analogue au Diates- •aron de T.itien.
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Théophile, en l'assaisonnant d'invectives nouvelles^. Les écrits de l'évêque d'Antioche étaient très appréciés ; en Occident on les lut de bonne heure. Dés avant Tertullien, Irénée et Hippolyte en avaient fait leur profit. Théophile publia aussi de petits ouvrages catéchétiques. Cette activité littéraire convenait bien à l'évêque de la grande métropole de l'Orient. Le clergé d'Antioche fut toujours très cultivé; la catéchèse devait avoir, en ce milieu un développement analogue à celui qu'elle atteignit à Alexandrie. Dans ses livres à Autolycus, Théophile cite^ un ouvrage antérieur, xepî (cTopiwv, qui paraît avoir été une sorte de chronique depuis l'origine du monde. En ce genre de composition, cultivé quarante ou cinquante années plus tard par Jules Africain et Hippolyte, il aurait ainsi le mérite de la priorité.
Après lui l'église d'Antioche fut dirigée par Maximin, dont on ne sait absolument rien, puis par Sérapion, qui est plus connu. Son épiscopat correspond à peu près au règne de Septime Sévère. C'est de son temps que Pescennius Niger fut vaincu et Antioche si durement traitée. Sérapion prit part à la controverse contre les Montanistes ' ; c'est dans cet ordre d'idées qu'il écrivit sa lettre à Pontius et Caricus. Elle faisait partie d'un recueil de lettres analogue à ceux
1. Il y cite l'Apocalypse (22, 34). comme Eusèbe le remarque de Théophile ; le Verbe y est appelé Sophia, comme dans les livres à Aut lycus, etc.