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d'Ignace et de Denys de Corinthe. Eusèbe, qui avait ce recueil sous les yeux^, nous donne un curieux extrait d'une épitre adressée à l'église de Rhossos en Cilicie, sur la côte syrienne du golfe d'Issus. Il y est question de l'évangile de Pierre. Voici ce qu'en disait Sérapion :
« Nous, mes frères, nous recevons comme le Christ » lui-même et Pierre et les autres apôtres ; quant aux » ouvrages qu'on met faussement sous leurs noms, » l'expérience nous apprend à les repousser, car nous » avons conscience de ne les avoir pas reçus partra- » dition. Lorsque je me suis trouvé au milieu de vous, » je supposais que vous étiez tous dans la rectitude » de la foi ; aussi, sans examiner l'évangile dit de » Pierre qu'ils^ me présentaient, je dis que si l'inter- » diction de la lire était le seul motif pour lequel je » vous voyais déconcertés, on pouvait en faire la » lecture. Mais maintenant j'ai appris que mes » paroles ont été un prétexte à ces personnes «pour s'engager dans l'hérésie; aussi aurai-je soin » d'aller vous voir bientôt. Attendez-moi donc ».
On voit par ce récit et par ce qui suit que des hérétiques, dont le plus en vue était un certain Marcianus, avaient commencé par introduire à Rhossos l'évangile apocryphe en question, et qu'une fois cet évangile admis à la lecture publique avec la tolérance de l'évêque