‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 156 sur 205 · Eus., vr · texte numérisé non relu

Eus., vr

2. Ici et (ians la phrase suivante, Sérapion parle d'un groupe de personnes qu'il avait d.i désigner dans le ccmmencement, maintenant perdu, de sa lettre.

l'orient chrétien jusqu'à dège 449

d'Antioche, ils s'en autorisaient pour documenter leurs doctrines. Sérapion voulut tirer la chose au clair et lire l'évangile de Pierre ^. Il fut obligé d'en emprunter un exemplaire aux Docètes, hérétiques déjà combattus par saint Ignace et qui peuvent avoir quelque rapport avec les sectes de Saturnil et de Marcion. Le docétisme aura toujours une grande vogue à Antioche^. De cette lecture Sérapion déduisit que l'évangile de Pierre était, pour l'ensemble, orthodoxe, mais qu'il contenait des étrangetés inspirées précisément par le docétisme. C'est bien l'impression que l'on ressent en lisant le fragment de cet évangile que les papyrus d'Egypte ont rendu, il y a peu d'années, à la lumière ^.

Après Sérapion, qui mourut vers l'année 211, l'église d'Antioche élut pour évêque un confesseur appelé Asclépiade. C'est à cette occasion qu'Alexandre, évêque de Césarée en Cappadoce, confesseur lui-même et incarcéré, écrivit de sa prison aux fidèles d'Antioche une lettre qui leur fut portée par Clément d'Alexandrie*; elle contenait de grands éloges du nouvel

1. Il aurait peut-être dû commencer par là, avant d'en autoriser la lecture.

2. Au IV« siècle, le dialogue d'Adamantius et la rédaction interpolée des lettres de saint Ignace insistent beaucoup contre cette doctrine.

3. Publié pour la première fois (1892) par M. B turiant, dans le tr.me IX, fasc. 1, des Mémoires de la mission archéologique française au Caire ; cf. Harnack, Texte u. U., t. IX. — Origène (m Matth., X, 17) parle aussi de l'évangile de Pierre, où il était dit que les frères de Jésus étaient des lils de Juseph et d'une première femme. Le fragment Bouria. t corresp nd, à la fin du texte, à l'histoire de la Passion et de la Résurrection.

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