‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 157 sur 205 · Eus., VI, l · texte numérisé non relu

Eus., VI, l

•uchesne, Hisl. anc. de fEgl. T. 1. 30

évêque. C'est tout ce qu'on sait d'Asclépiade ; sur son épiscopat, comme sur les suivants, ceux de Philetus et de Zebinus, nous n'avons aucun renseignement. Après 1 eux vient Babylas, qui siéga jusqu'à la persécution de Déce : il en a été question à ce propos^.

3°. — Edesse.

La ville d' Edesse, située au delà de l'Euphrate, dans la haute Mésopotamie, devint, vers la fin du II^ siècle avant J. C, la capitale d'un petit royaume indépendant des Séleucides et gouverné par une dynastie indigène. Ces princes s'appelaient presque tous Abgar ou Manou. Ballottés entre l'influence parthe et celle de Rome, mais plutôt attirés dans l'orbite romaine, ils parvinrent à maintenir leur autonomie jusqu'au III^ siècle. L'organisation, par Sévère, d'une province de Mésopotamie, avec capitale à Nisibe, les isola du royaume parthe et prépara l'annexion complète.

Ce petit royaume d'Osroène était, malgré le nom macédonien de sa capitale, tout-à-fait en dehors de l'héllénisme. On y parlait syriaque. Les juifs étaient très nombreux de ce côté. Vers le temps de l'Evangile Izate, roi d'Adiabène (ancienne Assyrie), embrassa le judaïsme avec sa mère Hélène. Vers le commen-

1. Saint .Jérôme {De viris, 64 ; cf. Chronique, 01. 251, 4) parle d'un prêtre d'Antioche appelé Geminus, qui aurait vécu sous l'évêque ZeLinus et lai> é quelques écrits.

■.'. r.i-dess J .. p. 371 ; cfr. p. 4;:4.

l'orient chrétien jusqu'à dèce 451

cernent du 11*^ siècle un changement politique amena sur le trône d'Edesse une branche de la dynastie des Abgars qui se rattachait à la descendance d'Izate. Deux ou trois générations plus tard, Abgar IX Bar-Manou (179-214) se convertit au christianisme ; son fils Manou, qui lui succéda, fut chrétien lui aussi. Jules Africain était en rapports d'amitié avec ces princes. Manou ne régna pas longtemps ; Caracalla(216) le détrôna et l'envoya prisonnier à Rome Ce ne fut pas la fin du royaume d'Osroène ; on trouve encore des Abgars jusqu'au temps de Gordien III.

La conversion du roi exerça naturellement une grande influence sur le développement du christianisme dans les pays euphratésiens. Déjà au temps de la controverse pascale (v. 190) il y avait plusieurs évêques en Osroènei. A Edesse, l'église chrétienne était un édifice bien apparent ; une inondation l'ayant détruite, en 201, elle est mentionnée dans le récit de la catastrophe, tel que le conserve la chronique locale 2.

La religion à laquelle le christianisme succédait était un de ces cultes, si répandus en Orient, où la divinité se dédouble en deux formes, mâle et femelle. On peut s'en faire une idée par la description que donne ^Lucien du temple de Maboug ou Hiérapolis. Une des œuvres pieuses était la castration sacrée. Abgar, une fois converti, interdit sévèrement cette pratique.

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