Ad., XVIII, 2; Suéton , Claudius, 25; Dion, LX
3. Confusion vulgaire de -/pr^y.~:: et de '/p\~-:z7. La populace romaine désignait les chrétiens par le nom de Chrestiani (Xpv^a'iavc.) : quos... vulgus Chrestianos appellabat. Telle est, en effet, la véritable leçon du célèbre texte de Tacite, Ann., XV, 44 (Harnack,£)/e Mission, p. 297).
ORIGINES DE l'ÉGLISE ROMAINE 55
donc eu des troubles causés par la prédication de l'Evangiîe, des troubles dont l'analogue nous est souvent offert dans les récits des Actes, à Jérusalem, en Asie-Mineure, à Thessalonique, à Bérée, à Corinthe, à Ephèse. D'après les Actes, Aquilas et Priscille, lorsqu'ils reçurent saint Paul à Corinthe, étaient arrivés tout récemment d'Italie; c'est donc en 51 ou 52 qu'il faut placer l'édit de proscription et les troubles qui le motivèrent.
Ceci, c'est, dans l'histoire de l'église romaine, le premier fait connu, la première date assignable. Autant qu'il est possible d'en juger par comparaison, cette date doit être assez rapprochée de la première prédication de l'Evangile dans le milieu romain : les récits des Actes nous montrent toujours, comme conséquence immédiate du premier apostolat, des troubles graves dans les communautés juives. Quand saint Paul écrivit aux Romains, en 58 au plus tard, il y avait déjà un certain nombre d'années^ que leur église existait et qu'il désirait la visiter.
Par quelles mains la divine semence fut-elle jetée dans cette terre où elle devait fructifier d'une manière prodigieuse ? Nous l'ignorerons toujours. Des calculs trop peu fondés pour entraîner le suffrage de l'histoire transportent à Rome l'apôtre Pierre dès les premiers temps de Claude (42), ou même sous Caligula (39). Rien ne prouve que les juifs romains qui