Pt. LXXXIV
l'orient chrétien jusqu'à dèce 463
première fois, en des circonstances bien extraordinaires. Le légat impérial l'avait fait mander par lettres adressées au préfet d'Egypte et à l'évêque d'Alexandrie. Ce haut fonctionnaire s'intéressait apparemment à la théologie chrétienne et désirait s'en entretenir avec son plus illustre représentant. Un peu plus tard l'évêque de Bostra, Bérylle, se fit connaître par ses livres et ses lettres i. Lui aussi était un théologien exercé ; mais ses opinions n'étaient pas très correctes. D'après le peu qu'en rapporte Eusèbe, on voit qu'elles se rattachaient à la christologie modaliste, plutôt sans doute au système de Sabellius qu'à celui de Théodote^. Ces erreurs avaient déjà été condamnées à Rome. En Arabie aussi, elles soulevèrent une opposition très vive. Bérylle eut à soutenir des discussions répétées tant avec les autres évêques du pays qu'avec des personnages venus du dehors. Origène y intervint. Après de longs entretiens privés, il engagea avec Bérylle une discussion pubhque, où il parvint à tirer au clair les erreurs un peu subtiles de l'évêque, et, ce qui fait beaucoup d'honneur à ses procédés de polémique, à les lui faire reconnaître et à le ramener dans le droit chemin. De toutes ces réunions, conciliaires et autres, il fut dressé des procès-verbaux. Cette affaire se place sous le règne de Gordien III (238-244)