Cod
2. Ep. 4. ad Serap., c. 11 ; De Decretis Nie, c. 25. Etienne Gobar (Photius, cod. 232) est un peu scandalisé de ces citations.
3. Adu. Eunonium, Migne, P. G., . XLV, p. 661. Un fragment de Théognoste a été retrouvé à Venise par M. Fr. Diekamp et publié par lui dans le Theol. Quartalschrift de Tubingue, 1902, p. 483 ; cf. Harnack dans Texte u. U., t. XXIV, fasc. 3.
4. Sur Pierius, v. Eus., VIT, 32 ; saint Jérôme, De viris, 76 ; cf. ep. 49, 70 ; in Matth., XXIV, 36 ; Photius, cod. 118, 119, et les extraits de Philippe de Sidé, publiés par C. de Boor {Texte u. U., t. V, fasc. 2).
5. Philippe de Sidé et Photius le qualifient de chef du didascalée.. Ni Eusèbe ni saint Jérôme ne lui attribuent ces fonctions.
fondé que puisse être ce jugement, Pierius fut en grande renommée parmi ses contemporains : on l'appelait le second Origène (Origenes iunior). Il vécut longtemps, jusqu'à la grande persécution, et même au delà. Son plus illustre disciple, Pamphile de Césarée en Palestine, périt alors pour la foi (309) ; il voulut écrire sa vie. Lui-même, d'après certaines traditions, serait mort martyr avec son frère Isidore. Cependant saint Jérôme rapporte qu'il se retira à Rome et y demeura jusqu'à sa mort^.
Dans les dernières années avant la persécution, l'école avait à sa tête un autre docteur, Achillas, revêtu, lui aussi, de la dignité presbytérale. Il devint même évêque, comme Héraclas et Denys, après le martyr Pierre. Eusèbe relève beaucoup sa vertu, son austérité ; mais il ne dit rien de sa doctrine qui serait intéressante à connaître, car nous arrivons à un moment où la théologie origéniste va subir de rudes assauts. L'évêque Pierre écrivit, sur l'âme ^ et sur la
1. Théodore, avocat-poète d'Alexandrie, cité au V« siècle par Philippe de Sidé (Texte u. U., t. V, fasc. 2, p. 171 ; cf. Photius, II. ce.) disait que Pierius et son frère Isodore furent martyrs et qu'ils avaient un grand temple (vabv ;j.sy',7t;v) à Alexandr e. n est sûr qu' 1 j avait à Alexandrie une église de Pierius (Epiphane, Haer., LXIX, 2). Peut-être a-t-on confondu deux Pierius distincts
2. Procope de Gaza, In Gènes., III, 21 (Migne, P. G., t. LXXXVIII, p. 221) ; Léonce de Byzance (Mai, Script, vet, t. VII, p. 85) et Justinien {Ep. ad Menam. P. G., t. LXXXVI, p. 961) citent un livre de Pierre r.i^ï tou \x^^'iï ~po-J-âpy^uy t-/;v 'I/'j'/yjv [j:r,zï û.\j.y.o-r,aa.^a-i TCJTO sic cSi[XOL ^•/,r,^f,yy.i, où la préexistence des âmes et leur déchéance antécédente à leur union avec les corps sont traitées de conceptions païennes {i\Kqyiv:r,: çjiXoJiçiaç) et étrangères à la piété chrétienne.
résurrection S des livres où plusieurs points essentiels du système étaient battus en brèche.
La haute culture religieuse dont le didascalée d'Alexandrie était le principal organe ne pouvait, je l'ai déjà dit, intéresser qu'une élite. Encore que l'illustre école fût généralement dirigée par des prêtres de l'église et que plusieurs de ses chefs eussent été portés par l'élection aux honneurs de l'épiscopat, les masses chrétiennes demeuraient en dehors de son influence. La propagation de l'Evangile dans l'intérieur de l'Egypte, très rapide au III® siècle, amena au christianisme des populations d'un hellénisme faible, ou même nul 2, chez lesquelles il était difficile d'acclimater de hautes conceptions philosophiques. D'autre part, les doctrines de l'école, synthétisées par Origène, avaient quelque chose d'inquiétant, même pour les chrétiens cultivés, gnostiques, auxquels elle faisait pourtant un sort si distingué. On pouvait, même si l'on avait reçu une brillante éducation philosophique, estimer que cet avantage n'a qu'une valeur religieuse très indirecte et que le salut ne se fait pas par la théologie. Du reste l'histoire d'Anatole le prouverait au besoin, le platonisme, ancien ou nouveau, sur lequel vivait le didas-
1. Sept fragments du traité sur la résurrection se sont conservés en syriaque ; v. Pitra Martin, Anal., t. IV, p. 189 et 426, en écartant le premier (II A), qui provient d'un autre livre de Pierre, sur la Diviaité (zspi SrsiTTjTOç), cité au concile d'Ephèse, et dont quelques fragments ont été tirés aussi des mss. syriaques par P. Martin (Z. c, p. 187, 425).