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Les versions coptes de la Bible sont de ce temps-là

calée, n'était pas la seule philosophie qui fût cultivée à Alexandrie. On pouvait aussi, et le cas devait être fréquent, développer son instruction religieuse dans les cadres traditionnels, sans regarder à chaque instant du côté de Valentin et de Basilide. L'exégèse allégorique ne ralliait pas tous les suffrages. On a vu qu'un évêque, Nepos, la combattit ouvertement. Or sans elle, comment accorder les systèmes avec la Bible ? Les fidèles d'Alexandrie qui dénoncèrent à Rome certains propos de leur évêque Denys ne devaient pas être des gens de rien.

C'est ce monde, intelligent et cultivé, mais plus soucieux de la religion que de la théologie, qui arriva, avec Pierre, à la direction de l'Eglise d'Alexandrie ; c'est lui qui sera bientôt représenté, à la même place, par les évêques Alexandre et Athanase.

En Palestine la tradition origéniste se maintenait à Césarée. Un riche chrétien de Béryte, Pamphile, après avoir renoncé à la situation que sa fortune et sa naissance pouvaient lui faire dans son pays natal, s'était voué aux études religieuses. Il vint à Alexandrie, où Pierius lui aida à se développer dans l'ascèse et la théologie ; puis il se fixa à Césarée, où il fut admis dans le collège presbytéral. Sa grande occupation était de transcrire et de corriger les manuscrits de la Bible ; il copia aussi ceux d'Origène et dressa le catalogue de ses œuvres, ainsi que des autres livres

de la bibliothèque laissée à Césarée par le grand docteur. Près de lui travaillait un jeune chrétien, intelligent et laborieux, appelé Eusèbe. Celui-ci, pendant les quinze ou vingt ans qui précédèrent la persécution, s'occupa avec une patience incroyable à dépouiller les bibliothèques de Césarée, d'^lia et d'ailleurs, en vue de grands ouvrages d'apologétique et d'histoire dont il méditait le dessein. Eusèbe n'avait pu connaître Origène ; Pamphile l'avait peut-être vu dans son enfance. Ils en étaient également enthousiastes. Aux premières attaques contre les idées de leur maitre, ils se trouvèrent prêts à la défense. Pamphile écrivit une Apologie en cinq livres, auxquels Eusèbe en ajouta un sixième.

Les adversaires étaient déjà légion. Sans parler des modalistes du type de Bérylle ou de celui de Paul de Samosate, l'orthodoxie en fournissait de plusieurs genres. Un des plus distingués fut Méthode, évêque de la petite ville d'Olympe en Lycie. C'était, pour le temps un fin lettré, lecteur assidu de Platon, dont il imitait volontiers les dialogues. Nous avons de lui un Banquet, réminiscence de celui du philosophe athénien ; mais ici les interlocuteurs sont des vierges et c'est la virginité, non l'am.our, qu'on l'on y célèbre. Ses traités sur le libre-arbitre, la vie et l'acte raisonnable, la résurrection, les créatures (-eci yevtjtwv), la lèpre, la sangsue, la distinction des aliments, perdus dans l'ensemble de leur texte original, nous

Tsont connus soit par des fragments grecs, soit par une traduction slavonne^. D'autres enfin ont entièrement disparu, ou peu s'en faut, comme ses livres sur la pythonisse, sur les martyrs, contre Porphyre. Cette littérature variée, qui s'étend de l'exégèse à l'apologie, de la métaphysique à la morale, donne l'idée d'un esprit ouvert dans bien des directions. Plusieurs des dialogues, notamment ceux sur la résurrection et sur les créatures, contenaient une polémique très vive contre les idées d'Origène. Aussi Eusèbe s'est-il abstenu de mentionner Méthode dans son Histoire ecclésiastique. Il fallut bien parler de lui dans V Apologie. Au rapport de saint Jérôme ^ Eusèbe y rappelait à Méthode qu'il avait eu jadis d'autres sentiments pour le grand docteur^. Il est à croire que l'évêque d'Olympe persistait à admirer le génie d'Origène, tout en critiquant ses écarts.

Lui-même, par un retour assez fréquent, donna lieu à des appréciations sévères. Photius*, non sans raison, trouve que le Banquet contient des expressions peu correctes ; il va même, par charité, jusqu'à supposer que des interpolations, ariennes et autres, ont pu se produire. Cela n'est guère probable ; mais

1. Bonwetsch, Methodius von Olympus, 1891. Photius avait fait de longs extraits de Méthode, cod. 234-237.

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