‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 186 sur 205 · Ep. LXIII · texte numérisé non relu

Ep. LXIII

Au IVe siècle il y avait encore des Encratites. Saint Epiphane^ en signale dans les grandes villes, comme Rome et Antioche, et surtout en Asie Mineure, aux abords du massif isaurien, dans les provinces de Cilicie, d'Isaurie, de Pamphilie, de Pisidie, et dans la Phrygie brûlée. Certains d'entre eux, connus sous le nom d'Apostoliques ou d'Apotactites, ajoutaient à l'observance primitive la pratique de la pauvreté volontaire. Tous avaient en grande considération les actes apocryphes des Apôtres et autres productions analogues.

Bien qu'elle proscrivit l'encratisme doctrinal, c'est à-dire la répudiation par principe de certains aliments et des rapports sexuels, l'Eglise admettait des exercices de mortification, le jeûne, par exemple, pratique héritée d'Israël. Il y eut de très bonne heure deux jours de « station » par semaine, le mercredi et le vendrdi. Hermas les connaît déjà : ils sont marqués dans la Doctrine des Apôtres. Ces jours-là le repas se prenait plus tard et l'alimentation était plus sévère. A Pâques aussi on observait un jeûne, celui-là fort rigoureux. D'abord limité à un jour ou deux, il finit par s'étendre à toute la semaine qui précédait la grande fête. En certaines circonstances les évoques invitaient leurs fidèles à observer des jeûnes extraordinaires. Tout cela, c'était des observances publiques : en leur particulier les fidèles jeûnaient quand et comme ils l'entendaient.

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