Le culte de Mithra
Le grand dieu national des Perses était le dieu du ciel, Ahura-Mazda (Ormuzd), avec lequel on adorait Mithra, dieu de la lumière, Anahita, déesse de la terre et diverses autres divinités. Des sacrifices, des libations, des prières devant un feu perpétuellement entretenu, formaient la liturgie de cette religion, fort simple avant qu'elle n'eût subi la réforme zoroastrienne et qu'on ne l'eût compliquée du rituel minutieux dont témoigne l'Avesta.
En s'étendant vers l'Occident, l'empire perse la
1. L'ouvrage capital sur le culte de Mithra est celui de M. Franz Cumont, Textes et monuments figurés relatifs au culte de Mithra, 2 vol. in-4», Bruxelles, 1896-1899.
propagea. Une de ses premières étapes la porta à Babylone, où le culte des astres et la pratique de la magie étaient choses de longue tradition. Là elle se chargea d'éléments étrangers, qu'elle assimila tant bien que mal ; puis elle passa dans les régions orientales de l'Asie-Mineure, Arménie, Pont, Cappadoce et Cilicie. Sans y supplanter entièrement les cultes antérieurs, elle y jeta cependant des racines assez profondes. Au déclin du IV^ siècle, il y avait peu de quartiers en Cappadoce, où l'on ne rencontrât des mages, avec leur rites étranges et leurs feux sacrés. Saint Basile l'atteste^; plus tard encore, Théodore de Mopsueste crut devoir les accabler d'un traité en forme ^.
Si Mithridate, qui réunit en sa main les forces militaires de ces pays, était parvenu à prévaloir contre Rome, il est à croire que la religion persane, ou tout au moins le culte du dieu dont il portait le nom, eût poussé sa propagande très loin vers l'Occident. Il n'en fut pas ainsi. Cependant Ormuzd et Mithra conservèrent leur situation dans les contrées où ils avaient déjà pris pied. Ces contrées, les Romains les laissèrent longtemps aux mains de princes indigènes, sans chercher à y introduire d'autres institutions politiques ou religieuses. A la longue, toutefois, l'assimilation s'opéra. Vers la fin du premier siècle de notre ère, l'Asie-Mineure fut annexée jusqu'à