XIV PRÉFACE
celle de certaines légendes. Je crois même que, s'il fallait choisir, les légendes, où il y a au moins un peu de poésie et d'âme populaire, auraient encore ma préférence.
Donc la tâche que j'entreprends ici, tâche modeste, d'exposition et de vulgarisation, peut se justifier par les progrés de la recherche érudite. Cependant si j'ai pris la plume, c'est que j'y ai été exhorté et presque contraint par tant de personnes, que j'ai dû, pour en obtenir le repos, leur donner satisfaction '.
Ces personnes ne me défendront pas contre les critiques, car elles ne sont pas, pour la plupart, des personnes de plume. Mais les gens experts et sensés m'excuseront d'euxmêmes de ce que, voulant faire un livre lisible, je ne me suis pas encombré de discussions critiques et de bibliographie. Ils comprendront aussi pourquoi je ne me suis pas trop attardé aux toutes premières origines. Traitées avec l'ampleur nécessaire, les questions relatives à la fondation de l'Eglise en général et aux premières phases de l'évangélisation m'auraient retenu trop longtemps en dehors de ce qui est le sujet propre de mon livre. Chaque chose a son temps, et sa place. On me pardonnera aussi une certaine ten-
1. Je dois avouer que j'ai été inspiré aussi par le désir d'arrêter la circulation d'un vieux cahier de cours, lithographie depuis bientôt trente ans, qui me semble avoir trop vécu pour ma gloire.