‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 31 sur 205 · II · texte numérisé non relu

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en Asie au temps de l'Apocalypse. Et la tradition n'apporte ici aucune lumière. Saint Irénée ne connaît l'hérésie des Nicolaïtes^ que par le texte de saint Jean ; il en résume les données par les mots indiscrète vivunt. Clément d'Alexandrie en est au même point. Cependant ces deux auteurs s'accordent à rattacher la secte nicolaïte au diacre Nicolas, nommé dans les Actes des apôtres 2. Ceci n'est rien moins que prouvé^ . Les Nicolaïtes ne sont pas les seuls hérétiques qui se soient rencontrés avec l'auteur de l'Apocalypse. Polycarpe racontait que Jean, le disciple du Seigneur, étant entré dans un bain, à Ephèse, y aperçut un certain Cérinthe et qu'il sortit aussitôt en disant : « Fuyons, la maison pourrait s'écrouler, puisqu'elle abrite Cérinthe, l'ennemi de la vérité »*. Saint Irénée, qui nous a conservé ce récit de Polycarpe, donne ^ des détails sur la doctrine de Cérinthe et saint Hip-

1. Irénée, I, 26 ; III, 11 ; Clément, Strom., II, 118 ; III, 25, 26« La description d'Hippolyte (Pseudo-Tert., 48 ; Epiph., 25, 26 ; Philastr., 33 ; cf. Photius, cod. 232) se rapporte à un système ophitique.

2. Act., VI, 5 ; c'était un des Sept : y-a'^ Ni.y.oAacv zpo7y;AUTOV, AvTioysa : pas d'autre détail. Clément atteste l'immoralité de la

secte, mais il disculpe Nicolas, sur le compte duquel il raconte l'histoire suivante. Nicolas avait une femme dont il était extraordinairement épris. Les apôtres le lui ayant reproché, il l'amena dans l'assemblée et permit à qui voudrait de la prendre y;f,[).yj/). Il vécut depuis dans son unique mariage, dont il eut un fils d'une conduite exemplaire et des filles qui passèrent leur vie dans la virginité. Sa maxime était qu'il fallait malmener la chair (~a s 7.-/0?; 7f)a'. rrj -apy.i) : Matthieu en disait autant. Ces mots avaient pour eux un sens ascétique, mais les sectaires les interprétaient dans un sens pervers.

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