‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 32 sur 205 · Haer., l · texte numérisé non relu

Haer., l

polyte^ ajoute quelques traits à son exposé. On voit par ce qu'ils en disent que Cérinthe était en somme un docteur juif, attaché au sabbat, à la circoncision et autres rites. Comme les Ebionites de Palestine, il enseignait que Jésus était fils de Joseph et de Marie. Dieu (v^ 'jTÀp -a iXoL a'j!^cVTta) est trop au-dessus du monde pour pouvoir s'en occuper autrement que par intermédiaire. C'est un ange qui a créé l'univers, un autre qui a donné la Loi ; celui-ci est le dieu des juifs. Ils sont l'un et l'autre tellement au-dessous de l'Etre suprême qu'ils n'en ont aucune connaissance. Au baptême de Jésus une vertu divine, le Christ (Irénée) ou le Saint-Esprit (Hippolyte), procédant du Dieu suprême, descendit sur lui et habita en lui jusqu'à sa Passion, exclusivement 2.

Une vingtaine d'années après l'Apocalypse, Ignace, évêque d'Antioche, condamné à mort comme chrétien et destiné à subir à Rome le supplice des bêtes féroces, traversait rapidement la province d'Asie. Dans les lettres qu'il eut occasion d'écrire à certaines églises de ce pays, il vise à son tour la situation doctrinale et prémunit les fidèles contre les hérésies que l'on semait chez eux.

Ce qui le frappe avant tout, c'est la tendance aux coteries et aux schismes. Il avait vu de ses yeux, à Philadelphie, des réunions hérétiques.

1. Représenté par Pseudo-Tert., 48 ; Epiph., 28 ; Philastr., 36. Les Philosophamena (Vil, 33) ne font que reproduire saint Irçnée.

2. D'après Hippolyte, Cérinthe aurait enseigné que Jésus n'était pas encore ressuscité, mais qu'il ressusciterait avec les autres justes. Cette assertion invraisemblable est contredite par Irénée.

» Quelques-uns 1 ont voulu me tromper selon la chair, mais l'Esprit ne s'égare pas, car il est de Dieu. Il sait d'où il vient, où il va, et dévoile les choses cachées. Je criai au milieu de leurs discours, je criai à haute voix : Tenez-vous à l'évêque, au presbytère et aux diacres. — Certains d'entre eux supposèrent que je parlais ainsi parce que je connaissais leur séparation ; mais, Celui pour qui je porte des chaînes en est témoin, ce n'est pas la chair, ce n'est pas l'homme qui me l'avait appris. C'est l'Esprit, qui proclame cet enseignement : Ne faites rien sans l'évêque ; gardez votre chair comme le temple de Dieu ; aimez l'union, fuyez les divisions, soyez les imitateurs de Jésus-Christ, comme il l'est de son Père ».

Les promoteurs de ces réunions étaient des prédicateurs ambulants qui s'en allaient de ville en ville semer leur ivraie. Ils ne réussissaient pas toujours. Ainsi, sur la route de Philadelphie à Smyrne, Ignace s'était rencontré avec des prédicateurs hétérodoxes qui venaient d'Ephèse, où ils n'avaient eu aucun succès 2. Il est probable qu'Ignace connaissait ces hérétiques avant de venir en Asie, et qu'il cherche à prémunir les églises de ce pays contre un ennemi nouveau pour elles, mais auquel il était lui-même accoutumé.

La doctrine que l'on inculquait dans ces concilia-

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