TralL, IX, X
2. Remarquer l'analogie avec le symbole apostolique, dans son deuxième articl-?.
» bêtes ? Est-ce pour rien que je vais mourir ? » Ces expressions ne s'appliquent pas seulement à la réalité de la mort et de la résurrection du Sauveur ; elles embrassent toute la durée de sa vie terrestre. Elles ne visent pas le docétisme impropre de Cérinthe, mais un vrai docétisme, comme celui de Saturnil et de Marcion, pour lesquels Jésus-Christ n'avait jamais eu que l'apparence de la chair.
L'eschatologie (doctrine des fins dernières) n'est pas indiquée ; mais l'insistance avec laquelle Ignace appuie sur la résurrection réelle du Christ et sur l'espérance de la résurrection individuelle porte à croire que les hérétiques rejetaient aussi la foi à la résurrection de la chairi. Cette négation privait la morale du plus clair de sa sanction. Le mot de l'épître aux Philadelphiens : « Gardez votre chair comme le temple de Dieu », donne à entendre que les dogmes nouveaux avaient des conséquences immorales. Cependant elles ne sont] que faiblement indiquées. Ce n'est pas par leur inconduite, c'est plutôt par leur esprit de coterie que les hérétiques nouveaux mettent l'Eglise endanger
La doctrine que saint Ignace oppose à cette prédication de contrebande est peu développée dans ses lettres. L'Ancien Testament était jadis un état religieux
1. Cf. Polycarpe, Philipp., VII : « Celui qui ne confesse pas que Jésus-Christ est venu dans la chair, celui-là est un ante-christ ; celui qui n'accepte pas le témoignage de la croix, celui-là est du diable ; celui qui falsifie les paroles du Seigneur dans le sens de ses passions et dit qu'il n'y aura ni résurrection ni jugement, celui-là est le premier-né de Satan ».
Duchesne, fhsl. anc. tiel'Egl. - V I. 7
Justifié, mais imparfait : maintenant il est aboli. Le martyr ne le transforme pas en allégories i ; il y voit la préface de l'Evangile. Sa christologie présente quelques traits remarquables. Jésus-Christ est vraiment homme et vraiment Dieu : « Notre Dieu 2, Jésus- Christ, a été « conçu dans le sein de Marie suivant » la dispensation divine, de la race de David et de » l'Esprit Saint ; il est né, il a été baptisé, afin que » par la vertu de sa passion l'eau fût purifiée ». Sa » préexistence à l'Incarnation est vigoureusement •» affirmée : « Il n'y a^ qu'un médecin, en chair et en y> esprit, né et pas né, nains et innatus, (yvrrr-lq a/à » à^éwr^Toç), Dieu dans la chair, vie véritable dans la » mort, issu de Marie et de Dieu, d'abord passible et » alors même impassible, Jésus-Christ, notre Sei- » gneur ». Ignace connaît la doctrine du Verbe : Il n'y » a qu'un Dieu, qui s'est manifesté par Jésus-Christ, » son Fils, qui est son Verbe, proféré après le silence*, qui a plu en tout à celui qui l'envoya ». Cette prola-