Eph., VII
4. Magn., VIII. — Les anciennes éditions portaient : sç âcTiv aÛToCi Xcycç àîbioç, c'jy.x~h o-iy:^; -pcsA.^wv. Saint Ignace semblait réfuter le valentinianisme, système où l'on trouve le Verbe sortant, par intermédiaire, il est vrai, de Sigé (Silence), la compagne de l'Abîme éternel. Il y avait là un argument contre l'authenticité de cette lettre et des autres. M. Th. Zahn a prouvé {PP. apost., t. II, p. 36) que les mots aîbiiç cjy. ne se lisent pas dans les textes les plus autorisés. Ils représentent une correction faite en un temps où la -poéXîUTU temporelle du Verbe était abandonnée et condamnée par les théologiens orthodoxes. Mais cette doctrine fut longtemps cultivée : on le verra plus loin.
tion temporelle n'empêche pas Jésus-Christ d'être au-dessus du temps, en dehors du temps, d'avoir existé avant les siècles auprès du Pèrei.
Les hérésies, dans ces temps reculés, poussent sur un fond juif, mosaïste. Les faux docteurs sont toujours des docteurs de la Loi, attachés à la circoncision, au sabbat et autres rites. Mais ils n'enseignent pas que la Loi ; il ne faut pas les confondre avec les bons scribes de Jérusalem et leurs disciples pharisiens, absorbés par le droit canonique et ses commentaires. Ce sont de vrais théologiens, qui profitent largement de l'indifférence relative de leurs coreligionnaires à l'égard de tout ce qui n'est pas le culte de la Loi, pour se livrer à des fantaisies doctrinales. Encore ne s'en tiennent-ils pas là. Un ascétisme bien caractérisé, célibat, alimentation végétarienne, abstinence du vin, se superpose chez eux aux observances déjà bien minutieuses du mosaïsme. Ceux d'entre eux qui ont accepté le christianisme combinent avec leurs « fables judaïques » les données nouvelles introduites par l'Evangile et cherchent à les inculquer aux nouveaux convertis, en même temps que leurs règles de vie austère. Ce sont en somme des gnostiques judaïsants, qui préludent, dans les premières églises, à l'invasion du gnosticisme philosophique.
1. 'Vxèp y.czipbv, tt/ço-^^qq {ad Polyc, III), xpo atwvojv Tcapà llaxpî (Magn., VI),