Eusèbe, H. E., IV
2. Les rescrits d'Antonin le Pieux à l'assemblée d'Asie et de Marc- Aurèle au sénat romain (affaire de la Légion fulminante) à propos des chrétiens, sont apocryphes. On les imprime ordinairement à la suite des apologies de saint Justin. La première en imposa à Eusèbe, qui la reproduisit (sous le nom de Marc-Aurèle), H. E., IV, 13.
l'empereur. Mais il ne réagissait pas toujours, et, même dans les cas où il intervenait, ce n'était pas sans tenir compte de ce qui demeurait la légalité, de cette légalité qu'avait appuyée dès l'origine et qu'appuyait encore la raison d'Etat.
En somme, si les empereurs du second siècle ne se laissèrent pas entraîner à des mesures d'extermination, il s'en faut de beaucoup qu'ils aient assuré aux chrétiens un régime de sécurité. S'ils s'abstinrent de prendre l'attitude résolue des Dèce et des Dioclétien, c'est sans doute par suite de l'indifférence dédaigneuse où les trouvaient ces conflits de sectes et de doctrines, peut-être parce qu'ils se fiaient outre mesure à la résistance des autres sectes ou de l'esprit philosophique. Au III^ siècle, alors que ces ressources eurent manifesté leur insuffisance et que le danger chrétien se fut montré plus pressant, on renforça l'action gouvernementale, mais par intervalles seulement, sans esprit de suite. Il était trop tard ; l'Eglise échappa et ce fut l'empire qui fut vaincu.
Mort de Jacques, frère du Seigneur. — L'insurrection de l'an 66 : émigration de l'église de Jérusalem. — La révolte de Bar-Kochéba : iElia Capitolina. — Les évêques judéo-chrétiens. — L'évangile selon les Hébreux. — Rapports avec les autres chrétiens. — Hégésippe. — Les Ebionites. — Les Elkasaïtes.
Pendant qu'à Rome, devant le tribunal impérial, se débattait l'affaire de saint Paul, l'église judaïsante de Jérusalem traversait, elle aussi, une crise des plus graves. Le procurateur Festus étant venu à mourir, il fallut du temps pour que son successeur Albinus parvînt en Palestine. De là un intervalle de confusion et d'anarchie. Le grand-prêtre, à ce moment, était Hanan II, fils du Hanan (Anne) de la Passion, et parent de l'Ananie dont il est question dans l'histoire de saint Paul^. Comme eux il exécrait les « Nazaréens ». Profitant avec empressement des circonstances favorables, il s'attaqua à leur chef local, Jacques, frère du Seigneur. Ce personnage paraît avoir été universellement vénéré à Jérusalem, non seulement des chrétiens, mais des juifs eux-mêmes. On parla longtemps de ses austérités, de ses longues prières dans le Temple. Le populaire l'appelait le Juste, le rempart du