Act., XXIII, xxiv
peuple (Obliara). Cela ne le défendit pas contre les rancunes du haut sacerdoce. Hanan réunit le sanhédrin, fit comparaître Jacques et quelques autres et obtint contre eux une sentence de mort. Jacques et ses compagnons furent lapidés près du temple. On l'enterra au même endroit ; cent ans plus tard on y voyait encore sa stèle funéraire^.
Hanan paya son audace. Des protestations furent adressées au procurateur, qui arrivait d'Alexandrie, et au roi Agrippa II lequel destitua aussitôt le grandprêtre.
On était à l'année 62. Quatre ans après, sous le procurateur Gessius Florus, successeur d'Albinus, la révolution, qui couvait depuis longtemps, éclata à Jérusalem. A l'automne de 66, la garnison romaine fut massacrée et l'insurrection s'étendit aussitôt à la Judée et aux pays voisins. Une tentative de Cestius Gallus, légat de Syrie, pour reprendre la ville sainte, demeura infructueuse. L'année suivante, Vespasien, chargé par Néron de réprimer le mouvement, fit rentrer la Galilée dans l'obéissance. Mais la mort de l'empereur (68) et les troubles qui la suivirent arrêtèrent le progrès de la répression. Pendant ce temps Jérusalem était en proie aux factions et subissait le régime de la terreur. Le grand-prêtre Ananie et tous les chefs de l'aristocratie sacerdotale furent massacrés par l'émeute ; des fanatiques et des brigands se
1. Voir dans Eusèbe, H. E., II, 23, les récits de Josèphe et d'Hégésippe sur ces événements. Cf. Josèphe, Ant., XX, 9, 1.
disputèrent la possession du Temple et des forteresses ; partout l'anarchie, l'incendie et le massacre. Ce n'était plus la cité sainte, c'était le vestibule de l'enfer.
Les chrétiens, à qui leurs chefs communiquèrent un avertissement céleste^, se décidèrent à la quitter. Ils se transportèrent à Pella, en Décapole, dans le royaume d' Agrippa II. Pella était une ville hellénique, païenne ; on s'en arrangea cependant. Longtemps après, d'autres groupes judéo-chrétiens sont signalés^ par Jules Africain (v. 230) à Kokhaba, dans le pays transjordanéen, et à Nazareth en Galilée. Au IV® siècle il y en avait un à Bérée (Alep) dans le nord de la Syries. On ne peut dire à quel moment ils essaimèrent soit de la communauté de Jérusalem, soit de celle de Pella*.
La dispersion se maintint après la guerre. Il ne pouvait être question de revenir à Jérusalem, rasée jusqu'au sol, si bien qu'à peine pouvait-on s'apercevoir qu'elle avait été habitée. Pendant soixante ans il n'y eût là que le camp de la dixième légion {leg. X Fretensis). L'empereur Hadrien décida de fonder sur cet emplacement une ville nouvelle, une ville païenne, bien entendu, avec un temple qui devait s'élever
1. KxTa -iva -/p'/jc-jj-bv -oiq ocj~bHt. 5oxi[jioiç §i' àTroxaXûtj/swç iy.BojivTa, Eusèbe, H. E., III, 5.