‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 50 sur 205 · Luc, VI, 20; Ma«/i., V · texte numérisé non relu

Luc, VI, 20; Ma«/i., V

trinale et en firent un sobriquet. Origène a bien vu, ce qui a échappé à saint Irénée, qu'il ne s'agit pas ici d'une hérésie proprement dite, comme celles de Cérinthe ou de Carpocrate, mais de la survivance, à l'état arriéré, du judéo-christianisme des premiers temps. Dans la description de saint Irénée, les Ebionéens se caractérisent par leur fidélité aux observances mosaïques^, circoncision et autres ; ils ont une grande vénération pour Jérusalem et se tournent vers elle pour faire leurs prières ; ils professent que le monde a été créé par Dieu lui-même, ce qui les distingue des gnostiques de toute catégorie. Us s'attachent surtout à la Loi ; pour les Prophètes ils ont des explications subtiîes2. Voilà pour leur judaïsme. Quant à leur christianisme, on remarque qu'ils ne se servent que d'un évangile, celui de saint Matthieu^, qu'ils rejettent les épîtres de saint Paul, cet apôtre étant pour eux un apostat, et qu'ils considèrent le Sauveur comme le fils de Joseph. Sur ce point, cependant, il y avait des opinions diverses : Origène atteste que la naissance miraculeuse était admise par les uns, rejetée par les autres.

Ainsi le confinement dans la Loi avait amené les judéo-chrétiens à se séparer insensiblement de la grande Eglise. En dépit de certaines attitudes indi-

1. Dans la description des Philosophumena il est dit que si Jésus a reçu ce nom et celui de Christ de Dieu, c'est à cause de sa fidélité à la Loi.

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