Iren., Haer., IV
livres gnostiques n'étaient-ils connus que par ce qu'en rapportent les auteurs orthodoxes. Des indications de titres, des citations éparses, des descriptions de systèmes évidemment tirées des œuvres des sectaires, c'est tout ce qui nous est venu par cette voiei. Il y a cependant une exeption à signaler : la lettre, citée plus haut, de Ptolémée à Flora, conservée par saint Epiphane, où l'on voit comment l'enseignement gnostique se propageait en argumentant de la tradition biblique et chrétienne.
Depuis quelque temps les manuscrits d'Egypte commencent à nous rendre, en des versions coptes, les livres mêmes des anciens hérétiques. Ceux que l'on a découverts jusqu'ici proviennent, non des écoles alexandrines de Basilide, Valentin et Carpocrate mais des sectes d'origine syrienne, que saint Irénée décrit^ sous le nom générique de Gnostiques. Il a sûrement eu sous les yeux l'un de ces écrits : le chapitre qu'il consacre aux Gnostiques du type Barbelo (I, 29) n'en est qu'un extrait assez incomplet^.
1. M. Harnack a eu la patience de dresser un catalogue minutieux de tous ces renseignements bibliographiques, Die Ueberlieferung und der Bestand der altchristlichen Literaiur, p. 144-231.