Haer., I, 29, et suiv
3. Ce livre, qui paraît avoir porté le titre d'Evangile de Marie ou d'Apocryphe de Jean, est contenu dans un ms. de papyrus, conservé actuellement à Berlin. Il y est suivi d'un autre exposé synthétique intitulé « Sagesse de Jésus-Christ », et d'une histoire de saint Pierre, d'inspiration gnostique, où figure pour la première fois l'épisode de sa fille paralytique, guérie par lui, puis rendue à son infirmité (PétroniUe). Sur ces pièces, qui seront publiées dans le t. II du recueil de M. Cari Schmidt (v. note suiv.), on peut consulter, en attendant, les Sitzungsberichte de l'Académie de Berlin, 1896, p. 839.
D'autres^ moins anciens, du III® siècle plus ou moins avancé, témoignent d'évolutions intéressantes accomplies dans les mêmes sectes. On sait que, dans ce monde étrange, deux tendances morales se révélèrent de bonne heure, l'une plutôt ascétique, l'autre favorable aux plus dégoûtantes aberrations. Les livres retrouvés s'inspirent de la première et combattent fort nettement la seconde.
En face de cette littérature hérétique se développe la polémique des auteurs orthodoxes. Les uns s'attaquaient à une secte en particulier : Valentin et Marcion celui-ci surtout, ont donné lieu à nombre de réfutations. D'autres entreprenaient de dresser le catalogue des sectes et se plaisaient à en étaler les bizarreries, en leur opposant le sobre, universel et traditionnel enseignement de l'Eglise authentique. Ce thème fût
1. Réunis par M. Garl Shmidt dans le recueil patristique de l'Académie de Berlin. Sa publication est intitulée Koptisch- Gnostische Schriften. Le second volume contiendra les textes énumérés dans la note précédente ; le premier (1905) reproduit ceux qui figurent dans deux mss., V Askcwianus, en parchemin {Brit. Mus. Add., 5114), et le Brucianus, en papyrus, conservé à la Bodléienne d'Oxford. h'Askewianus contient une compilation à laquelle on a donné improprement le nom de Pislis Sophia. Selon M. Harnack, le plus clair de cette farrago serait à identifier avec les « Petites questions de Marie », mentionnées (Haer., XXVI, 8) par saint Epiphane. Cependant les « Grandes questions de Marie », que saint Epiphane cite en même temps et comme provenant du même milieu, appartenaient à la tendance obscène, ce qui n'est pas le cas de la Pistis Sophia. Dans le Brucianus, on trouve d'abord un ouvrage en deux livres, où M. Schmidt reconnaît les deux livres de Jeu, allégués dans la Pistis Sophia, puis un morceau d'exposition générale qui se rattache sûrement au système des Séthiens ou Archontiques, décrits par saint Epiphane, Haer. XXXIX et XL. Quoiqu'il en soit des identifications proposées, il est sûr que les écrits contenus dans ces deux mss. proviennent d'un même groupe hérétique.
cultivé de très bonne heure. Saint Justin avait déjà écrit contre toutes les hérésies lorsqu'il publia son Apologie^ Hégésippe traita aussi ce sujet, non dans un livre spécial, mais dans ses « Mémoires » .Tout cela est à peu près perdu. En revanche nous avons l'ouvrage de saint Irénée, livre capital, où, bien qu'il soit dirigé spécialement contre la secte valentinienne, on trouve une description des principales hérésies jusqu'au temps (v. 185) où l'auteur écrivait. Après lui vint Hippolyte, qui dressa deux fois le catalogue des sectes, sous deux formes et à deux moments de sa carrière. Son premier écrit, son « Syntagma contre toutes les hérésies », est maintenant perdu : mais il est possible de le reconstituer^, grâce à la description qu'en donne Photius^, et aux extraits qui s'en sont conservés*. Hippolyte, comme Irénée, du reste, ne s'en tenait pas aux systèmes gnostiques ; sa description s'étendait à d'autres hérésies ; la 32^ et dernière était l'hérésie modaliste de Noët. Il descendit un peu plus bas dans son second ouvrage, « Réfutation de toutes les hérésies », plus connu sous le titre de Philosophumena.
1. S'JvTaYiaa xaTa xasûv Y£Ycvr;|jivo)v aipiTSWv (Apol., I, 26).
2. C'est ce qu'a fait R. A. Lipsius, Die Quellenkritik des Epipbanioa, Wien, 1865.