‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 65 sur 205 · Nero · texte numérisé non relu

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idée à quel point le christianisme les agaçait. Ils y voyaient une concurrence. La direction des âmes, pour laquelle, en ce temps de sages empereurs, ils croyaient bonnement avoir vocation spéciale, ils la voyaient passer aux mains d'obscurs prédicants, sans titre ni prébendes, sans lettres même. Cette nouvelle doctrine que des inconnus, des gens de rien, insinuaient aux femmes, aux enfants, aux esprits inquiets et timorés, faisait autrement d'adeptes que les plus belles conférences des orateurs officiels. Aussi ne lui épargnaient-ils pas leur malédictions, soit de vive voix, commet le cynique Crescens auquel saint Justin eut affaire, soit par écrit, comme Fronton, le précepteur de Marc-Aurèle, et surtout le philosophe Celse. Fronton croyait aux festins de Thyeste et les reprochait aux chrétiens^. Nous ne connaissons que bien imparfaitement ses autres objections. Il n'en est pas de même du livre de Celse, intitulé « Discours véritables» : il peut être reconstitué presque entièrement d'après les citations d'Origène, qui le réfuta longtemps après sa publication^.

1. Je ne crois pas, bien que cela soit admis assez généralement, que le rhéteur Aristide ait eu en vue les chrétiens dans les objurgations par lesquelles se termine son discours izpcç lIXotTWva (or. 46). Tout ce qu'il dit là se rapporte bien plutôt aux philosophes plus ou mpins cyniques, du type de Crescens, Peregrinus, etc. En un endroit (p. 402, Dindorf) il les assimile 'oiq £v -f, ïlaXai<7zvrq Suao-sjâédi, c'est-àdire aux juifs de Palestine.

2. Odaviiis, 9. 31. Il est fort possible que Cécilien, l'interlocuteur païen du dialogue de Minucius Félix, se soit inspiré largement du discours de Fronton ; mais le détail des festins est le seul qui soit expressément cité de celui-ci.

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