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2. Actuellement Nablous, près de l'emplacement de l'antique Sichem.
fenseur. C'est vers l'année 133 qu'il se fit chrétien, sans doute à Ephèse, où il eut peu après (. 135) une conférence avec un savant juif appelé Tryphon. Il vint ensuite à Rome, où il fit un long séjour. Il écrivit beaucoup, et non seulement contre les ennemis du dehors^, mais aussi contre les écoles hérétiques, alors dans leur plein épanouissement^.
Son apologie est adressée à l'empereur ^ Antonin- Auguste, aux princes Marc-Aurèle et Lucius Verus, au sénat et au peuple romain : « Pour ceux que le genre humain tout entier hait et persécute, Justin, fils de Priscus, petit-fils de Bacchius, de Flavia Neapolis en Syrie Palestine, l'un d'entre eux, présente cette adresse et requête ». Il proteste aussitôt (4-12), que les chrétiens ne doivent pas être persécutés pour le nom qu'ils portent, mais pour leurs crimes, s'ils en commettent. Il écarte ensuite (13-67) les calomnies dont ils sont l'objet, et, après avoir montré ce qu'ils ne sont pas, il explique ce qu'ils sont en réalité. Ici il expose la morale des chrétiens, décrit leurs assemblées et leurs mystères tant calom-
1. Eusèbe(IV, 18) parle de deux écrits «Aux Grecs», Ilpb; EAA*/;vaç, dont l'un traitait entre autres de la nature des démons, l'autre portait le titre spécial de « Réfutation », EXsYy^sç. Dans un troisième, t Sur la monarchie de Dieu », il établissait l'unité divine en se fondant à la fois sur les Ecritures et sur les livres des Grecs. Un autre enfin posait diverses questions sur le sujet de l'âme, indiquait les solutions des philosophes et promettait pour plus tard celles de l'auteur.
2. Un livre contre toutes les hérésies (ApoL, I, 26) un autre contre Marcion (Irénée, IV, vi, 2), nous sont connus de nom. Peut-être ne formaient-ils qu'un seul et même ouvrage.
3. Ce titre, mal conservé, a donné lieu à beaucoup de discussions, que l'on rouvera indiquées ou résumées dans la Chronologie de Harnack, p. 279 et suiv.
niés, le baptême et l' eucharistie. Pourquoi, se demande-t-il à plusieurs reprises, tant de haine, de calomnies, de persécutions ? C'est, selon lui, la faute aux mauvais démons. C'est par eux qu'il explique, non seulement l'attitude hostile de l'opinion et du gouvernement, mais encore la division introduite parmi les chrétiens eux-mêmes du fait des hérétiques, des Simon, des Ménandre, des Marcion. Dès avant le Christ, les mauvais démons ont persécuté les anciens sages, inspirés par le Verbe de Dieu (aô-(oc c77rspjj.aTiy.ic), chrétiens, eux aussi, à certains égards, comme Heraclite et surtout Socrate. Celui-ci, comme le Christ et les chrétiens, a été condamné à mort sous inculpation d'athéisme et d'hostilité envers les dieux officiels^.
Tout cela est dit sans beaucoup d'ordre, rudement, dans une langue incorrecte. Ainsi parlaient les philosophes du temps. La critique aussi laisse beaucoup à désirer. A propos de la légende des Septante, Justin fait d'Hérode un contemporain de Ptolémée Philadelphe, avec un anachronisme de deux cents ans. Il avait lu dans l'île du Tibre une inscription dédicatoire en l'honneur du dieu Semo Sancus ; de là il déduisit que Simon le Magicien, dont il était fort préoccupé, avait fait séjour à Rome et que l'Etat lui avait accordé des honneurs divins.
1. Justin ne nomme jamais Epictète. Il est difficile qu'il n'en ait point entendu parler, mais il aura pu ignorer les écrits qui nous renseignent sur ce « saint » philosophe. On voudrait savoir si son estime pour les anciens sages se serait étendue jusqu'à celui-là. Des Pensées de Marc-Aurèle il est clair qu'il n'a pu avoir connaissance.
A son apologie Justin annexa le rescrit d'Hadrien à Minucius Fundanusi, dont il avait peut-être eu copie pendant son séjour à Ephèse. Peu de temps après il reprit la plume sous l'impression de trois condamnations sommaires, prononcées par le préfet Urbicus contre des chrétiens. C'est ce qu'on appelle sa seconde apologie^. Il y interpelle directement l'opinion romaine, protestant à nouveau contre dfes rigueurs injustifiables et répondant à diverses objections.
Justin ne se bornait pas à écrire ; il parlait volontiers dans les endroits publics. En butte à la malveillance des philosophes, il ne se gênait pas pour leur répondre, les traitant de goinfres et de menteurs. Un cynique, appelé Crescens^, qui déblatérait volontiers contre les chrétiens, eut spécialement affaire à lui. Il y eut entre eux deux un débat public dont il fut dressé procès-verbal. Crescens n'eut pas le dessus. Justin, dans sa grande naïveté, aurait voulu faire lire aux empereurs le compte-rendu de ce débat. Mais Crescens avait d'autres armes, et Justin s'aperçut bientôt qu'il cherchait à le faire condamner à mort, ce qui n'était pas bien difficile.
Après l'Apologie, Justin écrivit son Dialogue avec