‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 69 sur 205 · if. £., VI · texte numérisé non relu

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îiuchesne, fliftl. une. de l'Egl. - T. 1. 15

trouva mention de la Légion Fulminante, n'ait fait partie de cet écrit. Une troisième apologie, elle aussi œuvre d'un asiate, Miltiade, paraît être de ces temps-là^.

Nous avons en revanche le texte entier d'une quatrième composition de ce genre, l'apologie d'Athénagore^, adressée aux empereurs Marc-Aurèle et Commode (177-180). Athénagore était, comme Aristide, un philosophe athénien. Il développe, en bon style et avec plus d'ordre que Justin, le thème ordinaire des apologies. Les chrétiens ne sont pas ce qu'on croit. Ils rejettent sans doute l'idolâtrie et le polythéisme, mais meilleurs philosophes n'en font-ils pas autant ? Comme la raison l'enseigne, ils proclament que Dieu est un, et leur croyance monothéiste se combine très bien avec la doctrine du Verbe et de l'Esprit-Saint. Les horreurs qu'on leur impute sont d'abominables calomnies ; au contraire, leur morale est très pure, sévère même. Comment des gens qui pensent ainsi, qui vivent ainsi, peuvent-ils être envoyés au supplice ?

C'est qu'en effet, pour les chrétiens, les temps devenaient très durs. Ce n'est pas pour rien que les apologies se multiplient sous Marc-Aurèle. Le sage empereur ne comprit rien au christianisme. Il n'admit pas que de telles sectes valussent la peine d'être étudiées ni que pour elles on fît fléchir la législation de l'empire. Les chrétiens essayèrent vainement de se

1, Eusèbe (V, 17) dit qu'elle était adressée icpbç xoùç ■/.oa^t.v/.ou: 2 Eusèbe n'en parie pas.

faire écouter du philosophe ; ils n'eurent affaire qu'à l'homme d'état, d'autant plus dur qu'il était plus consciencieux. Ajoutons que les calamités qui assombrirent ce règne contribuaient beaucoup à déchaîner les haines populaires, irritées depuis longtemps par les constants progrès du christianisme. Méliton parle de décrets nouveaux (y,a(.và ciyixaTa) qui faisaient beaucoup de victimes en Asie ; en Grèce aussi, au témoignage d'Athénagore, ia persécution était devenue intolérable. C'est en ce temps-là, dans les dernières années de Marc-Aurèle, que les scènes célèbres de Lyon et de Carthage (martyrs de Scilli) inaugurent pour nous i 'histoire du christianisme en Gaule et en Afrique.

Après Marc-Aurèle la tranquillité reparut. Son fils Commode, l'un des plus mauvais empereurs que Rome ait connus, eut au moins le bon esprit de ne pas malmener les chrétiens.

Ce ne fut pas, pour ceux-ci, une raison d'interrompre leurs publications apologétiques. L'opinion, bien plus que le prince, leur était inclémente ; il importait de l'éclairer pour la modifier. Les chrétiens le sentaient Il s'en faut que les apologies adressées aux empereurs Hadrien, Antonin, Marc-Aurèle, représentent toute leur défense. Une littérature entière de traités « Aux Grecs » Ilpbç "EXkr,^(xq, restée dans les textes ou dans les énumérations bibliographiques. Justin, même en dehors de ses apologies, se distingua en ce genre^. Tatien, un de ses disciples, grand voyageur

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