‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 73 sur 205 · Phil. IV · texte numérisé non relu

Phil. IV

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l'église romaine de NÉRON A COMMODE 221

<( chose » romaine ; il parle de nos princes, des soldats soumis à nos généraux ; la discipline militaire lui inspire une grande admiration. Mais sa familiarité avec les saintes Ecritures, de l'Ancien Testament et même du Nouveau (épitres de saint Paul, de saint Pierre, de saint Jacques, épître aux Hébreux), donne plutôt l'idée d'une éducation juive. C'était peut-être un affranchi de la famille Fia via. Quoiqu'il en soit, sa lettre est un admirable témoignage de l'esprit sage et positif qui animait, dès ces temps reculés, la piété romaine. Il y décrit d'abord les inconvénients de la discorde (3-6), puis il recommande l'obéissance à la volonté de Dieu (7-12), montre la grandeur des récompenses promises aux âmes simples et justes (13-26), la nécessité de l'ordre dans l'Eglise. Ici, des exemples sont empruntés à la discipline des armées romaines et à la hiérarchie sacerdotale de l'Ancien Testament (37-42). Venant ensuite à l'alliance nouvelle, l'auteur montre que le ministère ecclésiastique vient des apôtres et de Jésus-Christ, que son autorité est légitime et doit être obéie (42-47). Il engage les Corinthiens à se repentir, à rentrer dans l'ordre et la paix, à accepter une correction salutaire ; si la présence de certaines personnes est un obstacle à la paix, qu'elles ne reculent pas devant l'exil. Quant à l'Eglise, elle doit prier pour les séditieux (48-58). Par une transition un peu brusque, l'exemple est aussitôt joint au conseil. Clément formule (59-61) une longue prière, qui n'a qu'un rapport lointain

avec les troubles de Corinthe. On peut y voir, non sans doute la formule solennelle de la liturgie romaine à la fin du premier siècle, mais un spécimen de la façon dont les chefs des assemblées chrétiennes développaient le thème de la prière eucharistique.

La lettre se termine par un rappel de l'exhortation donnée et par des salutations. D'un bout à l'autre il y respire un grand sentiment de foi simple et de sage piété. Aucune de ces singularités qui étonnent parfois chez les anciens auteurs. Rien que le christianisme commun, exprimé avec le plus parfait bon sens. On ne remarque même aucune préoccupation à l'égard de dissidences hérétiques. L'église romaine jouit en ce moment de la paix intérieure la plus complète.

Il faut croire que la mission romaine eut le plus grand succès à Corinthe, car la lettre de Clément y fut mise au nombre des livres qui se lisaient, avec les saintes Ecritures, dans les assemblées du dimanche. Telle est la situation qu'elle avait, soixante-dix ans plus tard, au temps de l'évêque Denys^. C'est, du reste, par un des plus anciens manuscrits de la Bible grecque que nous l'avons d'abord connue^. Peu d'années après qu'elle avait été écrite, saint Polycarpe l'avait sous les yeux et s'en servait comme des lettres apostoliques.

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