Origène, In Luc
l'église romaine de NÉRON A COMMODE 247
dont le maître ne s'était guère préoccupé. Après lui on s'efforça de les résoudre^. Le marcionisme avait eu pour i)oint de départ l'opposition entre le Dieu bon ' et le Dieu juste. Quand la métaphysique s'y glissa, elle n'eut pas de peine à tirer de là deux principes essentiels et essentiellement contraires. C'est ce qu'enseignaient, sous Marc-Aurèle, deux notabilités marcionites, Potitus et Basilicus. Il y avait aussi l'école de Syneros et de Lucanus^, qui, dédoublant le dieu inférieur en un dieu juste et un dieu mauvais, arrivaient ainsi à reconnaître trois principes. Cette forme trinitaire du marcionisme finit par avoir tant de succès qu'elle éclipsa le dualisme primitif. Au III^ siècle et au IV® les marcionites sont présentés souvent comme des gens qui croient à trois dieux^.
Mais au temps où nous sommes, le docteur le plus en vue dans la secte était un certain Apelle, qui s'efforça de réduire le dualisme, avoué ou latent, et de revenir à l'unité de principe. Il avait d'abord vécu à Rome auprès du maître, puis il s'était transporté* à Alexandrie, d'où il revint, longtemps après. Rhodon, qui le connut personnellement, en trace un curieux portrait. C'était un vieillard vénérable, de mœurs